LE BLOG D’ETTY Macaire

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FAUT-IL REGRETTER LE PARTI UNIQUE?

Posted by ettymacaire on août 14th, 2009

FAUT-IL REGRETTER LE PARTI UNIQUE ?

Cette contribution mienne a été publiée par le journal ivoirien le Temps en 2004

Dans l’hérésie déshumanisante de la crise ivoirienne, des voix sérieuses ou considérées comme telles, se sont élevées pour dire que les nombreuses guerres qui engraissent les fosses communes d’Afrique, résultent du multipartisme et de la démocratie. Aussi, les entend-on réclamer en sanglotant le monopartisme. Et pour corroborer leur thèse, elles n’hésitent pas à citer le cas de la Côte d’Ivoire. Sous le parti unique, disent-ils, notre pays connaissait stabilité et progrès. « Il ne peut y avoir de développement sans démocratie ? Que nous a donnés pendant quinze ans, ce machin ? Partout ou presque, des conflits interminables. L’Afrique, elle-même, tue, au propre comme au figuré, ses propres enfants. Au nom d’une recherche de démocratie qui réveille nos fonds primitifs qu’on croyait, à jamais, disparus de nos rhétoriques. Hélas encore ! L’actualité ivoirienne nous en livre, à profusion » Ecrit un journaliste ivoirien dans Fraternité Matin du mardi 21 juin 2005 N° 12184). Que c’est pathétique !

 A l’analyse, cette vision  est erronée. Certes, c’est à partir de 1990, que l’Afrique a connu un nombre pléthorique de conflits armés. Rwanda, Burundi, Congo, RDC, Libéria, Sierra Léone, Côte d’Ivoire (ô Eburnie mienne). Mais présenter le multipartisme comme la source première de nos malheurs, c’est se fourvoyer sur les causes profondes des guerres en Afrique. Si de 1960 en 1990, la Côte d’Ivoire a bénéficié d’une stabilité politique et sociale, fondement de son progrès économique, ce n’est pas au compte du parti unique qu’il faut la mettre. Le pays avait à sa tête un homme qui défendait becs et ongles les intérêts économiques, politiques et culturels de la France. Les accords de défense rédigés par les Français et signés par Houphouet Boigny et d’autres chefs d’Etat africains, en sont la preuve la plus probante. Houphouet défendant les « trésors » français sur le territoire africain, était assuré de la protection de l’armée française… En guinée, il y avait le parti unique sous Sekou Touré, mais la guinée est demeurée un pays pauvre et instable. Cette situation inconfortable est simplement le prix de l’outrecuidance de Sékou Touré qui a osé dire « non » à la France en 1958.  Et ceux qui soutiennent que le parti unique en Côte d’Ivoire avait fait plus de progrès que le multipartisme ignorent simplement que dans un contexte de pluralisme politique, où la liberté de la critique était consacrée, où le principe de la séparation des pouvoirs était appliqué, Houphouet Boigny aurait pu mettre notre pays au niveau des dragons de l’Asie. La côte d’Ivoire libérée des griffes de la France, gouvernée par un régime refondateur, aurait été un pays plus riche.

Le parti unique dans son principe même ne saurait garantir la paix dans un pays, le développement encore moins. Le parti unique est l’antithèse de la liberté et du changement. C’est un régime anti-progressiste et inhumain. Souvenons-nous simplement des dégâts que le parti unique a causés dans notre pays : détournements des deniers publics, gabegie, mégalomanie, achats de conscience, tribalisme etc. Et tous ceux qui ont osé critiqué le monarque ont été diabolisés et considérés comme des ennemis de la nation. Leur destin était l’emprisonnement, la torture, l’exil ou la mort : Gbagbo, Mockey, Zady, Memel Fotey, Kragbé Gnagbé, Ernest Boka , le Sanwi, le Guébié etc. tous ces hommes ont subi les pires traitements. Mais Houphouet bénéficiant de la couverture totale du réseau Focart, n’a nullement été inquiété ni par l’ONU ou ni par une quelconque organisation des droits de l’homme.

Une vérité qu’il ne faut pas ignorer qu’avant même l’instauration du multipartisme, l’Afrique a connu des coups d’Etat (au Ghana, au Togo, au Bénin, au Zaïre, en Haute Volta)  et des guerres meurtrières et longues (en Angola, au Soudan, au Mozambique etc.) Force est de constater donc que les guerres en Afrique ne sont pas liées à l’instauration du multipartisme. La plupart de ces guerres ont été suscitées par l’occident. Avant 1990 et après 1990, les impérialistes occidentaux ont suscité des conflits armés sur le continent pour préserver leurs intérêts économiques en danger ou pour mieux exploiter nos richesses. Ah non ! Le multipartisme ne saurait être une cause de guerre ou de rébellion. Bien au contraire, c’est le meilleur des systèmes politiques que les hommes ont pu inventer.

Sachons-le une fois pour toutes : la Côte d’Ivoire est en guerre parce que la Chiraquie s’est rendu compte que l’actuel chef d’Etat n’est pas prêt à brader les richesses de son pays. La Côte d’Ivoire est en guerre parce que Laurent Gbagbo a un programme de gouvernement qui, appliqué sereinement, va placer le pays sur la voie du développement, et affaiblir l’hégémonie de la France. La Côte d’Ivoire est en guerre parce que si l’on laisse Koudou réussir sa politique de réfondation, elle va « contaminer » les autres pays africains et compromettre la mainmise de la France sur l’Afrique francophone. Gbagbo est un mauvais exemple dans le système de pensée de l’impérialisme occidental, un mauvais exemple que l’on doit arrêter à tout prix. Il est temps de prendre conscience que  la stabilité d’un pays en Afrique dépend des rapports de ses dirigeants  avec les anciens maîtres. Si vous laissez simplement le néo-colon puiser vos richesses comme il l’entend, vous aurez la paix. C’est le cas de Bongo qui a mis le pétrole du Gabon à la disposition de la France. Aujourd’hui il s’affuble du titre de « doyen des chefs d’Etat africains ». Si au contraire, vous cherchez à faire bénéficier vos compatriotes des richesses de votre pays au détriment de la métropole, soyez sûr d’une chose : vous serez confronté à un coup d’Etat ou à une guerre. C’est le cas de Gbagbo et de la Côte d’Ivoire actuelle. Et c’était le cas de Sankara, de Lumumba, de N’krumah, de Lissouba etc. Les exemples sont légions.

Voilà la réalité africaine. Ne regrettons donc pas le parti unique.  L’Afrique, tout comme les autres continents, a besoin aussi de vivre dans un environnement de pluralisme politique, de liberté, d’égalité. Les noirs ne sont pas des sous-hommes qui ne s’épanouissent que sous un régime autocratique et despotique. Le jour où l’Afrique arrachera sa liberté, les guerres s’arrêteront et le développement sera possible. Alors, ne regrettons pas le parti unique !

 Etty Macaire

Professeur de lettres

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LE PARADIS INFERNAL DE TIBURCE KOFFI LE BLASPHEME COMME VOIE DE SALUT POUR L’HUMANITE

Posted by ettymacaire on juin 5th, 2009

Le Paradis Infernal, œuvre dramatique de Tiburce Koffi, a été publiée en décembre 2008 aux éditions  La Maison du Souvenir. Avant même la lecture, on est frappé par le titre… saisissant et déroutant. Le goût de « l’hybridité sémantique », l’usage obsessionnel de l’oxymoron et le mariage des contraires dénote du désir de l’auteur de choquer et de transcender la platitude du commun, la réalité prosaïque. L’œuvre ploie sous le foisonnement de cet artifice (p 24 : sainement malade, saintement pécheurs, P84 : gentille torpeur, P119 : fraternel ennemi…). En fait, c’est du Tiburce craché (cf L’embarras de Dieu) avec toutes les audaces stylistiques qui caractérisent les grands créateurs. Quant à l’intrigue, elle tient parfaitement toutes les promesses annoncées par le titre :Les hommes repus de toutes les souffrances  de la planète-terre-maudite, décident, par le biais de leurs envoyés, d’aller en Eden pour se délester de tout leur fardeau miséreux. L’Eden est certes insolemment lumineux mais dégage, contrairement à la mythologie chrétienne, la fragrance d’un univers méphistophélique. La tyrannie de Dieu, Maitre de l’Univers, blesse la raison humaine. Finalement, la rencontre avec le Monarque divin a l’effet d’une électrocution. Pour exprimer leur rage, les hommes conduits par une femme, Akissi,  un bloc d’insolence et de lucidité, s’insurgent et humilient l’armée céleste. Dieu, finalement, est traduit devant les tribunaux pour répondre de ses actes. Les chefs d’accusation sont nombreux : viol, adultère, meurtre…

Une fois encore, Tiburce Koffi est allé loin, très loin. Il a atteint la crête acérée de l’innovation artistique et du blasphème fécondant. Sa hargne à profaner le sacré et à briser les icônes l’élève au rang d’un disciple de Lucifer, l’ancêtre de tous les quêteurs de Vérité et de tous les savants. Satan n’est-il pas celui qui a veillé pendant des millénaires sur la « torche » du savoir…en faveur des hommes…« au nom de la Vie, de l’Histoire, de la Liberté » (P69) ? Une fois encore, Tiburce Koffi nous plonge dans l’univers grave du Règne divin (comme il l’a si bien réussi avec son œuvre L’embarras de Dieu). L’espace édénique est démystifié par la plume impie du talentueux blasphémateur. L’autorité de l’Incréé est bousculée brutalement sans aucune considération pour sa divine Souveraineté. L’univers fantastique de la bible est dérangé outrageusement et insolemment renversé. Nous sommes loin du vraisemblable et du raisonnable. Normal, le dramaturge nous initie au Didiga, l’art de l’impensable. Alors, tout devient possible : Caïn, Judas et Lucifer, damnés pour l’éternité selon la mythologie biblique, sont réhabilités ; le lecteur est même tenté de leur tendre la main. Jésus-Christ, Marie-Madeleine, Jean-le-Baptiste, Jean-de-l’apocalypse, les héros-vedettes de la littérature biblique sont ici émasculés, castrés, déchargés de leurs privilèges spirituels. La plus célèbre araignée de notre enfance, Kacou-Ananzê devient un avatar de Satan, le Libérateur. Dieu lui-même est écorché dans sa sainteté. Quelle outrecuidance ! L’écrivain ne doit-il pas resté avant tout moral ? Emile Zola nous répond : «Je ne sais pas ce qu’on entend par un écrivain moral et un écrivain immoral ; mais je sais très bien ce qu’est un auteur qui a du talent et un auteur qui n’en a pas. Et dès qu’un auteur a du talent, j’estime que tout lui est permis » (In De la moralité en littérature, 1881). Tiburce Koffi peut alors se débarrasser des dénominations classiques de la dramaturgie pour donner libre cours à son inspiration indomptable. A coup de plumes, il assassine Tableaux et Actes en faveur des Délires. Le mot en lui-même n’est pas innocent. Car nous sommes en pleine hallucination. La liberté de l’Art lui ouvre la porte de tous les périls et de tous les hasards. Tiburce Koffi est-il donc un athée endurci, un incroyant pervers? Que reproche-t-il au Pouvoir divin ? En vérité, par ses audaces iconoclastes voire impies, l’artiste veut amener l’homme et surtout le Nègre à s’interroger et à réviser ses rapports avec Dieu. Ce n’est donc pas Dieu en tant que Créateur qui est mis en cause (le Tribunal n’a pu le condamner car Dieu reste Dieu, Tout-Puissant, Insondable), mais c’est l’utilisation que les hommes en ont fait. Pour notre écrivain, si Dieu doit être l’antithèse de la réflexion, de la responsabilité et de la fécondité intellectuelle, alors il doit « disparaître de l’Histoire » (P 94) « afin de permettre à l’Homme de courir sa chance » (P91). Le dramaturge s’insurge contre la dictature spirituelle et le mensonge des hommes de Dieu qui « enferment chaque jour le peuple dans des croyances obscures et stupides, pendant qu’ils s’engraissent de nos erreurs » (P 94). Le personnage du prédicateur dans ce sens a un volume sémantique certain. Mais mieux, au-delà du Pouvoir divin, le dramaturge vise tous les pouvoirs politiques. Le pouvoir divin n’est-il pas le Pouvoir par excellence, le modèle duquel sont nés tous les pouvoirs humains ? Ainsi, Le Paradis infernal, œuvre iconoclaste, préfigure le combat inlassable, parfois agaçant, de Tiburce Koffi contre les dérives de tous les gouvernants ivoiriens qui se sont succédé. Rappelons que l’œuvre a été écrite en 1985. L’écrivain, dans sa vision, n’est seulement un démiurge mais une sentinelle dont le génie doit servir de contre-pouvoir au Pouvoir politique. Il faut lire et relire la pièce pour comprendre les prises de positions (auxquelles nous nous sommes souvent opposés farouchement) de l’artiste dans le débat politique. Sa soif est que « les dieux doivent reconnaître leurs erreurs »(P91). Le blasphème devient alors comme une voie, voire la Voie, pour pousser les dieux (les tenants du pouvoir politique) à assurer le salut de l’Homme. Pour cela il faut briser les idoles qui nous maintiennent dans l’obscurantisme. En parodiant les saintes-écritures, l’artiste traduit son mépris pour le dogmatisme stupide, la résignation stérilisante et la vénération aveugle. Briser les icônes est le prélude de la fécondation. Car le feu « brûle le corps, mais libère l’esprit qui régénère le corps. Telles sont les trois étapes vers la lumière et qui mènent à l’accomplissement de l’initié » (P67). Le salut de l’homme n’est possible que par l’acceptation de sa Mort en vue d’une Nouvelle Naissance. C’est d’une invitation au Refus, au Réveil, à et à la Conquête de la Vie qu’il s’agit.

Le Paradis infernal a un précieux mérite: l’œuvre a réussi le pari rare d’accomplir l’équilibre heureux entre la forme et le fond. En cela, la relève des grands Bernard (Dadié et Zadi),  les plumes monstrueuses de la littérature des planches en CI, est assurée. Le livre, cependant, ne perdrait aucune de ses plumes colorées quand bien même elle se serait débarrassée de ses nombreuses allusions lubriques. L’authenticité africaine nous impose la pudeur comme une valeur cardinale.  Dans tous les cas Le Paradis infernal est un grand livre, multiforme et riche en pistes de lecture.

ETTY Macaire

Professeur de lettres

ethimacaire@yahoo.fr

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REPONSE A TIBURCE KOFFI , SUITE A SON ARTICLE : « Les amalgames et les grosses erreurs du régime Gbagbo »

Posted by ettymacaire on juin 3rd, 2009

« La Côte d’Ivoire vers le chaos total : les révélations d’un conseiller de Gbagbo ». Tel est le grand titre en rouge qui barrait la une du Le nouveau réveil  N° 1042 du lundi 06 juin 2005. Et juste en bas : « Tiburce Koffi dit tout sur la gestion du régime FPI. ». Aux pages 4 et 5, le surtitre est encore plus étourdissant : « Les amalgames et les grosses erreurs du régime Gbabgo ».

Et revoilà Tiburce Koffi ! , L’écrivain, le musicien, le journaliste…. Je confesse que j’aime bien la plume de cet aîné. Et ce texte (j’ai bien dit texte) dont il nous a gratifiés  en est une belle illustration. Une belle prose forte de citations heureuses d’auteurs confirmés( Zadi Zaourou, Sony Labou Tansi…) , congruentes et insérées avec énormément de tact. Un bout de littérature où sonnent avec euphonie de belles images, des tournures exaltantes et un vocabulaire coloré. Un lyrisme enflammé et insaisissable…Au niveau de la forme, l’homme de lettres nous a permis de nous évader de tous ces articles fades et nauséeux, qui nous blessent la sensibilité dépuis plus d’une décennie, nous autres pauvres esclaves pantelants de la Beauté, « monstre énorme, effrayant, ingénu ». (BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, « hymne à la Beauté »)

Tiburce Koffi ! Qui ne se souvient de cet article dans lequel il invitait le président de la république à faire le sacrifice de la Reine Pokou pour sauver la Côte d’Ivoire ? Comme si sacrifices, il n’en avait jamais faits. 

Cette fois-ci encore notre ami écrivain se donne la liberté ( la parole n’est-elle pas libérée sous Gbagbo ? qui oserait sous Houphouet ?) , de mettre au grand jour les dérapages et les gravissimes erreurs du régime FPI. Conseiller du Président, qui mieux que lui, est bien placé pour accomplir cette tâche glorieuse ?

Le texte de Tiburce commence par une fragrance d’impartialité, qui fait croire promptement  à l’objectivité de son auteur. En effet, sans complaisance aucune, il pointe d’un doigt accusateur tous les grands partis ivoiriens (FPI, PDCI, RDR) et leurs suppôts (les journaux) d’être  responsables dans la déchirure que vit notre chère Eburnie : « ce sont eux  qui nous ont enfoncés dans cet infect bourbier d’où nous semblons avoir tant de peines de sortir ! » clame t-il.

Mais au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans le ventre de son article, la nausée de la déception nous saisit « d’un bond de jaguar » ( Senghor, Chants d’ombre, « Joal »).

Les causes de la crise qui balafre la Côte d’Ivoire  selon lui, sont liées au partage du butin entre ADO, Guéi, Gbagbo et leurs « suiveurs », obtenu après la chute de Bédié : « il faut convenir, écrit-il, que le 19 septembre est la conséquence de la guerre entre les héritiers du coup d’état de 1999 … : RDR, FPI, fesci, synarès, les militaires… ».

 Notre ami veut signifier simplement que, sur la liste des auteurs de ce coup de force, il ne faut pas omettre Gbagbo. Et mieux, la FESCI et le SYNARES (oui ! vous avez bien lu) sont co-auteurs de cette rupture malheureuse dans notre histoire. Merci Tiburce pour cet éclairage aveuglant !

Qui dans ce pays ignore t-il que c’est Dramane qui a fait le coup d’état de 1999 ? Tiburce feint-il de ne pas le savoir ou le dit-il par méprise ? Tiburce ignore t-il que c’est celui qui a fait le coup d’état en 1999 qui fait la guerre à la CI, car n’ayant pas obtenu le fauteuil présidentiel tel qu’il a prévu ?. Doit -on s’étonner quand un faiseur de coup d’état se mue en guérillero ?  « Celui qui vole un œuf  volera un jour un bœuf » dit un adage populaire.

Ces accusations au fil du texte se rétrécirent sur le régime FPI . En effet, pour l’ animateur de « pleine page », l’accession du FPI au pouvoir a sonné le glas des valeurs qui fondent une nation voire une civilisation : « tout est entrain de pourrir dans ce pays, crache t-il : nos rues sont pourries par des tonnes de déchets, l’université est pourrie…, l’école est pourrie par la FESCI, la police est pourrie…, la politique est pourrie…l’armée est pourrie…L’église est pourrie par un clergé pourri par l’argent…les pasteurs sont pourris, les fidèles pourris ».

La montée de régime de Gbagbo au sommet de l’Etat, d’après T. Koffi sonne la décriptude de la morale, le dépérissement des valeurs ; c’est un régime souillé et qui souille, un régime prêcheur de la corruption et du faux. Quel monstre ce Koudou ! Quel vampire ce régime !

Oui ! grâce à notre ami, nous sommes amplement édifiés : avant Koudou, Abidjan était propre, les diplômes étaient valables, le clergé était une poche de moralité. Avant Koudou, notre police et notre armée ne respiraient que des valeurs républicaines, le pays ne connaissait ni corruption, ni perversion. Avant Koudou, c’était le paradis. Comment ne pas arrêter une telle dégénérescence avec cette guerre présentée comme une quête de justice et d’égalité ?

Hé Koffi !Est-ce sous le régime FPI que l’école a connu « une année blanche »  et que la machette a fait irruption à l’université ? Est-ce sous le régime FPI que nuitamment, le chef de l’état a donné l’ordre d’organiser une expédition punitive sur la cité universitaire de Yopougon ? Est-ce sous le régime FPI que notre police a enregistré ses premiers racketteurs ? Est-ce sous le régime Gbagbo qu’Abidjan a cessé d’être la perle de lagune ? Est-ce sous le régime Gbagbo qu’un ministre de la sécurité a réussi l’exploit de faire volatiliser un colis d’or ? Est-ce sous le règne des refondateurs qu’un chef d’état a fêté ses « sept milliards » ? Est-ce sous le régime des refondateurs que les 23 milliards de l’Union Européenne ont été détournés avec une adresse jamais égalée ?

Voici autant de questions dont les réponses connues déjà de tous les Ivoiriens nous éclairent sur les réelles intentions de Tiburce en prenant sa plume. La vérité est que la putréfaction des fondements notre pays a commencé il y a belle lurette. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré la politique de la ré-fondation.

Mais  la lecture de notre ami est tout autre : la côte d’ivoire intègre, et valeureuse naguère, subit aujourd’hui une déchéance morale par la faute d’un parti qui ne devait jamais accéder au pouvoir et d’un homme qui ne mérite pas d’être sur le fauteuil présidentiel.

Pour étayer ses propos, Koffi a fait appel dans son article à un charmant monsieur que les Ivoiriens connaissent bien pour son amour indéfectible pour notre pays : Aboulaye Wade. Écoutons Tiburce Koffi le citer : « voilà un pays où tout le monde veut être président de la république,  c’est cela le vrai problème de la Côte d’Ivoire » . Comment Gbagbo aussi (appuyez bien le mot aussi)  qui nous a fait tant de tort dans l’opposition peut-il devenir président de la république ?  « N’importe quoi ! ». Dans son fameux article ne l’accuse t-il pas en des termes à peine voilés d’avoir organisé des « marches intempestives et opérations villes mortes » et d’avoir lancé le « boycott actif et son cortège de réfugiés » ? N’accuse t-il pas encore le FPI et ses alliés de l’époque, en une tournure qui ressemble à un raccourci, d’être les auteurs des « incendies criminels et répétés des marchés communaux » ? Quel monstre ce Koudou !Et Tiburce d’admirer le chef d’Etat sénégalais  pour son « franc-parler qui caractérise son discours et qui heurte souvent les Africains ».

 Est-ce faire preuve de franc-parler que d’affirmer sans aucun début de preuve que les Burkinabé en côte d’ivoire subissent des torts plus tragiques que des Africains en Europe ? N’est-ce pas ce monsieur qui a promis la guerre civile au Sénégal si jamais il venait à perdre les élections qui l’opposaient à Abdou Diouf ? Oui c’est bien ce Monsieur que notre ami écrivain admire tant. Ses goûts sont vraiment …bizarres.

Nous ne devons pas nous étonner si Tiburce Koffi affiche une vision des hommes et des choses différentes de la nôtre. Lui si cultivé, si intelligent, si grand, ne peut être que  largement au-dessus de nous. Alors du sommet de sa montagne de connaissances, comme un dieu, il regarde avec mépris, les autres ivoiriens de l’ère Gbagbo patauger dans la vallée de la médiocrité. Preuve : « alors on se satisfait de tout, ici : on se contente de petits politiciens, de petits étudiants, de petits écrivains, de petits musiciens, de petits journalistes, de planteurs petits qui portent de petits chapeaux, de petits voleurs… ».

Avec le régime Gbagbo c’est le règne de la petitesse, de la bassesse, de l’étroitesse, de la maladresse, de la détresse…quelle leçon d’humilité pour ce grand écrivain, ce grand musicien, ce grand journaliste ! Vivement que naissent pour la grandeur de la Côte d’Ivoire des Koffi de cette trempe.

Ainsi donc notre chère Eburnie est en panne de grands hommes.

Merci de nous l’avoir révélé, nous qui naïvement, pensions que Gbagbo était un grand politicien ! Que Foté Memel était un grand intellectuel ! Que Bomo Mamadou était un grand artiste ! Que Tapé Do, malgré sa petite taille et son petit chapeau, était un grand président du monde agricole! Que Sansan Kouao était un grand planteur ! Que Mamadou Koulibaly et Blé Goudé étaient de grands résistants !

                Ce qui nous surprend nous autres profanes, est que le conseiller du chef de l’état malgré sa maîtrise des subtilités de la politique ivoirienne, sa connaissance profonde de la science poliique, n’a pas réussi à façonner « son patron ». Laurent Gbagbo, malgré ses conseils avisés, est demeuré un incapable, un président incompétent, qui pour voiler ses carences, accuse de façon intempestive le pauvre et inoffensif Jacques Chirac d’être à l’origine des ses forfaitures.

Écoutons la plume parlante de Tiburce le crier : « demandez à ceux qui nous dirigent d’où nous viennent ces échecs dans la gestion de notre cité ; ils vous répondront que c’est la faute aux français et surtout à Chirac ! quand nous sommes incapables de ramasser nos ordures, c’est la faute à Chirac et à la France…Quand une petite bande de militaires indisciplinés, soutenus par des chasseurs traditionnels prennent en quelques heures possession des camps militaires de villes comme Bouaké et Korhogo, c’est la faute à Chirac… »

                Pauvre Chirac ! Pourquoi tant d’acharnement sur un homme  si dévoué pour la Côte d’Ivoire, pays  dont il a fait détruire la flotte aérienne, bombarder le palais présidentiel, tirer à balles réelles sur les jeunes patriotes ?

Novembre comme une braise brûle encore dans nos esprits ! Au lendemain de ces jours sombres, qui des Ivoiriens n’a pas senti l’indignation l’envahir ? Et je crois avoir vu Tiburce Koffi venir à la télévision dénoncer avec la véhémence qu’on lui connaît, le dérapage de la soldatesque de Chirac ! C’était peut-être une hallucination. Sûrement ! Sait-on jamais !

Ah oui ! les Ivoiriens ne sont pas contents de Chirac parce qu’il soutient la rébellion contre la côte d’ivoire, lui le président de la grande France, le pays ami et protecteur ! Car la guerre persiste consacrant artificiellement une fente béante dans la nation en gestation, car la guerre en monstre vorace broie les enfants de Côte d’Ivoire, car la guerre cause l’hémorragie financière de la Côte d’Ivoire etc.

Et si les ordures s’accumulent, c’est parce que l’argent qui aurait pu servir à entretenir le charme d’Abidjan a été transféré à la défense de notre Eburnie par l’achat d’armes, par l’entretien des soldats qui se battent pour que la république survive, pour que toi et moi survivions, pour qu’en toute quiétude tu puisses pondre de belles proses, toi si fécond, surtout que tu n’as pas « envie de jouer le rôle du poète qui contera, sous les accents lyriques d’un dodo, les ruines de la Côte d’Ivoire », comme tu l’as écrit toi-même.

Mon cher ami que reproches-tu réellement à Koudou ? Ne serait-il plus sage que tu démissionnes de ton poste de « conseiller du chef de l’Etat », surtout quand ce dernier est un cancre doublé d’un tyran ?

Tu ne lui reconnais aucune qualité et la poignée d’Ivoiriens (c’est sûrement ton avis) qui pensent qu’il a réussi un exploit en payant les fonctionnaires, sont par toi, tournés en dérision. Ton analyse sur ce point manque vraiment de rigueur . Je laisse le lecteur en  juger : « Et jamais dans l’histoire de notre pays, nous n’avons eu à connaître des moments où les fonctionnaires n’ont pas été payés. Ils furent payés sous Houphouet, ils furent payés sous Bédié, ils furent payés même sous Guéi ; ce n’est donc pas un exploit qu’ils soient payés sous Laurent Gbagbo, tout de même, c’est la moindre des choses ». Quelle analyse ! Quelle lecture ! Simplement hallucinante !

Tu as simplement oublié de mentionner que Gbagbo paye les fonctionnaires alors que le pays est en guerre ; alors que 60 % du territoire occupé par les rebelles, ne déverse pas un franc dans les caisses de l’Etat ; alors que des entreprises ont fermé privant ainsi le pays de mannes substantielles ; alors que plus de 200 milliards de nos francs ont été investis par l’Etat pour défendre la république. Voilà où se trouve l’exploit de Gbagbo. Et cerise sur le gâteau : les FMI viennent de féliciter notre pays pour ses performances sur le plan économique en dépit de la crise.

Bédié, lui,  a payé les fonctionnaires en tant de paix, au moment même où la Côte d’Ivoire bénie des dieux, était arrosée par « une pluie de milliards ».

Houpouet, lui,  a payé les fonctionnaires dans un pays sans guerre. Mais en 1991, ne l’oublie pas, dans l’incapacité de payer ces mêmes fonctionnaires, il a, sous la proposition inique d’Allassane Ouattara, payé à des milliers de professeurs la moitié du salaire qui leur était due. Ah le raccrochage ! quelle misère !

Bédié a maintenu cette injustice salariale pendant son règne jusqu’à son éviction par un coup d’Etat injustifié. C’est sûrement à cette seule condition qu’il a pu payer les fonctionnaires. Payer les fonctionnaires aujourd’hui est une prouesse qu’il faut reconnaître au régime des refondateurs.

Il n’est pas dans ton intention, j’en suis persuadé, de calomnier, de médire ou de salir. Ta seule soif c’est de privilégier la bataille des idées qui est plus noble et plus bénéfique au détriment de la bataille des armes ou des muscles. Ton intention est hautement noble.

S’il est arrivé de temps en temps que ton beau texte volontairement polémique, soit infiltré par des termes relevant du champ lexical de l’injure (« c’est le temps des fous » ; « tous ses irresponsables » ; « un peuple abêti » ; « Lida naguère un obscur civil » ; « une horde de gens légalement armés » ; «  des pasteurs aussi escrocs que faux »), ce n’est que par pure inadvertance.         

Mais là où tu as été un tout petit peu méchant, c’est lorsque tu affirmes que les soldats recrutés pour défendre le pays attaqué, sont « de pauvres jeunes gens…des enfants de pauvres transformés en milice de libération, des chairs à canon en réalité ». Si nous étions en France, on aurait parler de résistants, de héros, de nationalistes…Mais nous sommes en Côte d’Ivoire, sous les tropiques et celui qui se bat pour que la république reste débout est un « milicien, un extrémiste, un va-t’en-guerre, un xénophobe etc. »

D’aucuns ont été surpris quand tu affirmes «  que sur toutes ces questions qui touchent à la défense et à la sécurité de notre pays, la rébellion a raison : il faut refonder sinon dissoudre ou recomposer notre armée ».

Franchement, il n’est pas du tout aisé de ne pas tomber sous le charme des rebelles, eux les justiciers, les redresseurs de tort. Et sois-en sûr, tu n’es ni le premier et tu ne seras ni le dernier à succomber devant la noblesse de leur combat. Même Djedjé Mady et Bédié, le seul homme que mérite de diriger notre pays selon toi (c’est le non-dit de ton papier), a fini par tomber amoureux des Soro, ADO, Watao, du MPIGO et de tous ces Zorro de Korhogo et de Ouangolo( quelle sonorité macabre ! ).

Ah j’allais oublier. D’abord, ce n’est pas par couardise que Gbagbo s’est exilé en France, laissant sur le terrain de la lutte Akoun, Wodié, Zady et autres. Et tu le sais : car son courage est connu et reconnu de tous. N’est-il pas courageux, le seul Ivoirien qui a osé se présenter aux élections présidentielles contre Houphouet, le dragon tentaculaire, cracheur de feu ?

Ensuite, tu demandes dans une fausse interrogation que Gbagbo revenu de la France qui l’a accueilli lors de son exil « était-il le candidat de la France contre le candidat des Ivoiriens ? ».

Nul n’ignore que Houphouet jusqu’à sa mort était le pion central de la France en Afrique, comme l’est ADO aujourd’hui pour la Côte d’Ivoire. De ce fait, la France quel que soit le régime au pouvoir, ne pouvait en aucun cas soutenir Koudou dans des élections l’opposant à Houphouet. Les soutiens que le président actuel avait reçus, si soutiens il y a eus,  étaient indubitablement en marge du pouvoir français. En sus, la France a accueilli le farouche opposant d’Houphouet sur ses terres pour permettre au vieux de mieux le surveiller. C’est dire que c’est toujours à Houphouet que le pouvoir français a voulu rendre service.

Enfin, oui enfin…tu écris que « les livres gratuits, distribués à tous …n’est pas une nouveauté, jeunes gens ». Ton souci une fois encore, c’est de banaliser la politique de la distribution gratuite des livres des refondateurs. Gbagbo a t-il un jour affirmé qu’il était le premier homme au monde à distribuer des livres aux élèves gratuitement ? Ce que tu sembles ne pas vouloir savoir est que Laurent Gbagbo a justifié cette idée à peu près en ces termes : « je veux que les enfants de la côte d’ivoire aillent gratuitement à l’école en bénéficiant de la distribution gratuite des livres par exemple, parce qu’ à notre temps on recevait tout gratuitement. Si on ne nous avait pas donnés des livres et des cahiers gratuitement, nous les enfants de pauvres ne serions pas capables de poursuivre nos études ». Sans commentaire !

Mon cher ami, je te remercie d’avoir accepté que je réagisse à ton article. Tu m’as même encouragé à le faire. J’espère simplement que tu useras de tout ton poids et de ton prestige pour que ce petit texte mien soit publié par la presse comme elle l’a  fait pour le tien. Si je ne t’ai pas appelé « Monsieur Koffi » ou si je te tutoie, c’est parce que je te considère comme un ami mien, un grand frère.

Sans aucune animosité.

Amitiés sincères.

Ton petit.

N’DRI ETTY MACAIRE, professeur de lettres

BP 80 TANDA / 07 00 16 89

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ETATS-UNIS : INVESTITURE DE BARACK OBAMA: UNE LUEUR SUR LE SENTIER DE L’AFRIQUE !

Posted by ettymacaire on juin 1st, 2009

Obama !obama !obama ! Je voudrais hurler la grande geste à l’honneur du Nègre Vaillant ! Obama, sans tracas mais avec fracas et maestria, il a planté dans les cœurs de tous les parias la graine de l’espoir. Autant d’émotion, autant d’attention, jamais investiture d’un président de la république n’a capté. Epoustouflant, incroyable, inédit, démentiel, prodigieux, fabuleux…Belle guirlande d’adjectifs fleuris pour dire la geste de l’Africain. Parce que l’histoire vient de faire un bond. Le bon bond qui étanche les âmes desséchées et déshydratées par le désespoir! Parce que l’Amérique humble et avant-gardiste nous a donné l’occasion de rêver. Invocations à l’unisson dans les temples et églises, mosquées et synagogues pour que déversent sur lui les grâces de l’Incréé! Amen, shalom, atak’bir, allah akbar ! Incantations inspirées afin que coulent sur sa vie la protection des aïeux ! Obama, un baume sur nos cœurs frustrés !

Barack a cassé la baraque. Ce jour-là, le soleil ébahi a éclaté de rire. La nuit les étoiles indomptables ont dansé à faire trembler le ciel. J’ai vu l’Europe tressaillir et l’Asie exulter. Soupirs discrets à Gaza et en Israël. Et Dieu de son siège céleste a souri, fier de sa créature. L’Afrique émue a fondu en larmes ; danses et transes mobilisées pour saluer la grande geste d’Hussein. Rions à gorge déployée pour extérioriser l’éclat de notre tableau intérieur. Joie et larmes d’émotion, larmes et joie à profusion. Grelots et tam-tams complices tissent des symphonies heureuses pour saluer la grande érection nègre ! Enfin le nègre peut lever la tête ! Fiers sommes nous. Le phallus d’ébène hué  et conspué parce que flasque et avachi, s’est dressé, majestueux et ferme ! Prêt pour toutes les femelles, prêts à tout orgasme !

Que de rêves avortés, que d’espoirs éventrés, que d’ambitions étouffées. A force de pessimisme et de complexe, nous avons finis par nous réfugier dans les bassesses et les petitesses. Nègreries disait  Konan le negropessimiste,  pour qui nous ne sommes que « les damnés de la terre ». Les Eternels Incapables. Stériles d’inspirations et d’anticipations. Que de complexes entretenus et engraissés pour que le nègre s’autocensure et se suicide. Non, le nègre n’est pas qu’Emotion, il est aussi Raison. Musique et sport conquis, est venu le temps de la conquête de Politique et Science. Plions le genou pour saluer Cheik Anta Diop et Memel Foté qui, les premiers y ont cru.  L’Amérique vient d’accoucher d’une nouvelle aube. Aube d’espoirs et de lueurs ! Obama ! Obama ! Obama !

Martin Luther King, ô toi le berger je te salue ! Voici que ton « dream » devient « reality ». Et dire qu’on te moquait pour ce rêve. Qui ne le sait ? Les grandes choses ont été d’abord des rêves. Obama ! tout est possible. La démocratie féconde tous les rêves même les rêves  de négrillons. Un Nègre à la maison blanche des Blancs ! Salut à toi Abraham Lincoln, le sublime visionnaire. Les Nègres libérés se libèrent ! Ton fabuleux tombeau vibre de joie et d’émotion !

Obama pour nous Africains! Attention sachons tirer les leçons ! Les incantations du genre : « je serai élu comme Obama » ne sont que des baragouins politiciens. Sachons en tirer les leçons : Leçon de courage, d’abnégation, de détermination. La politique est un métier. Toute consécration commence par un parcours. C’est des profondeurs qu’on aspire au sommet. Sachons-le ! La génération spontanée en politique, pouah ! Le fauteuil présidentiel se conquiert. Non par les kalaches, mais par l’intelligence, par la politique, par la persuasion. Obama, l’antithèse des apatrides, et des calomnieurs!

Obama loin du piège de la race, loin du piège de la religion. Au lieu de Martin Luther King le Nègre comme modèle, il a opté pour Abraham Lincoln. Pour rassembler, pour rassurer. Obama  une lumineuse leçon politique ! A tous ceux qui bâtissent sur le clan, à tous ceux qui exploitent ethnie et religion. La politique n’est pas du vampirisme ! Point une orgie de chair humaine ! ou de sang des innocents. Obama Hussein, leçon de fierté ! Fier il était de son sang noir, de ses origines, fier il était de son pays d’adoption. Jamais il n’a nié ou rénié ses racines nègres-africaines-kenyanes. Soyons fiers d’être ce que nous sommes ; fiers d’être sri-lankais ou ivoiriens, coréens ou burkinabés. Yakro ou Daoukro, soyons fiers ! Soyons surtout fiers de Mama et de Sindou. Oui de Badasso aussi, la terre natale mienne. Le plus beau village c’est le mien ! Le plus beau pays du monde c’est mon pays. Pourquoi en avoir honte !

Obama ! Que de symboles manipulés et avec quelle intelligence lumineuse ! Prestation de serment sur la bible d’Abraham Lincoln. Discours grave, réaliste et rassembleur. Discours simple mais porteur et efficace. Aucune vente d’illusions, aucune promesse faramineuse.

Obama pluie de leçons pour l’Afrique qui ploie sous le poids des guerres et des coups d’état en cascades. Qui déchoit sous le poids des politicards abonnés aux putschs. Il n’est point celui qui va développer l’Afrique. Non plus le messie qu’attend Mama Afrika. Obama, c’est notre inspiration. Voilà ! Obama, une lueur sur notre chemin. Le chemin c’est la foi, c’est le travail, c’est l’organisation, c’est l’effort, c’est la solidarité, c’est l’amour, c’est le nationalisme. O vous mes frères, descendants de Chaka Zoulou le conquérant ! O vous les miens, descendants de Samory Touré le résistant et le stratège! O vous mes semblables, descendants de Lumumba, le nationaliste et l’idéaliste ! Le soleil de l’Afrique n’attend que vous pour luire. Il est temps que nous nous levions pour la grande érection. Il est temps que nous nous éveillons pour la Grande Veille ! Que nos mains révoltées fécondent la terre d’Afrique où sommeillent des tonnes de richesses déçues ! Que notre sueur fertilise notre travail et nos efforts. Non, nous ne sommes pas « une race maudite ».Non, nous ne sommes pas les « descendants de Cham », le fils damné de Noé. Nous avons, nous aussi, droit à l’héritage du bonheur qu’ont visualisé tous les prophètes. Taisons les cris enragés des canons assoiffés de cadavres! Et mettons-nous au travail. Travaillons plus que tous les autres et faisons nôtres ses paroles d’Aimé Césaire par la bouche du Roi Christophe : « Et si nous voulons remonter, voyez comme s’imposent à nous, le pied qui s’arcboute, le muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête, oh ! la tête, large et froide ! Et voilà pourquoi il faut en demander aux nègres plus qu’aux autres : plus de travail, plus de foi, plus d’enthousiasme, un pas un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas : c’est d’une rémontée jamais vue que je parle » (In La tragédie du Roi Christophe).

Obama Barack, fils de nègre, fils d’Africain est à la maison blanche. Tout est possible. Alors mettons-nous au travail. L’Afrique mérite mieux. L’odyssée épique de l’Afrique vers la plénitude que procurent la paix et le progrès ne fait que commencer. Demain, il fera jour.

N’DRI ETTY MACAIRE

Professeur de lettres modernes

CEFPI Divo/ 07001689

 

INVESTITURE DU  QUARANTIEME PRESIDENT DES ETATS-UNIS

LES LECONS DE L’ODYSSEE DE BARACK OBAMA

Revendications de ses multiples origines

Obama

-l’africain

-Le noir

-Le musulman

Le piège racial

Le piège réligieux

Le rassembleur

-          (hilary clinton secrétaire d’état

-          Robert gate département de la défense

-          Amitié et relations avec mac cain

-          Le maintien des hommes forts de l’administration bush

Auteur de « les rêves de mon père »

Le parcours

Le courage

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A QUI PROFITENT LES REPORTS REPETES DES ELECTIONS ?

Posted by ettymacaire on juin 1st, 2009

 La CI a du mal à fermer définitivement « la parenthèse de sang » ouverte cette nuit enragée du 18 Septembre 2002. Nous avions tous rêvé que l’année 2008 allait être l’année de la tenue des élections présidentielles, lesquelles élections permettraient le retour de la normalité en terre éburnéenne. Que non ! Nous devons encore ronger nos freins et faire preuve de patience. La tenue des élections, reconnaît-on unanimement, est techniquement impossible. Autrement dit, la date des élections ne pourrait être que rejetée. Pourtant, il faudrait bien que le pays retrouve sa température normale pour que l’Etat puisse faire face à ces nombreux dossiers qui s’accumulent comme des ordures. Tous les maux et toutes les dérives, conséquences de la crise, continueront d’étendre leur funeste empire sur le territoire ivoirien. Les fonctionnaires (ah les pauvres !) qui rêvaient d’un déblocage des avancements après la crise devraient attendre. Les enseignants qui voyaient l’année 2009 comme l’année du démarrage des effets financiers de leur nouveau profil, devraient, eux aussi, attendre. La crise a encore de nombreuses années devant elle. Les politiciens n’ont pas encore fini de se disputer, de s’injurier, de calculer, d’ajuster, d’affuter, de viser, de rectifier. Le déblocage des avancements ? Ce n’est pas pour demain. Sûrement après la crise. Mais à quand la fin de la crise ? Bien malin celui qui le dira. Depuis 1988, les fonctionnaires ivoiriens sont dévirilisés, castrés, réduits à « quelque chose qui ne vaut pas plus que les chiures d’un charognard » comme le disait A. Kourouma dans son merveilleux roman Les Soleils des Indépendances.

Aujourd’hui, le fonctionnaire moyen, à moins de piller l’Etat,  ne peut, par ses économies propres, construire une maison en dur ou s’offrir une voiture d’occasion. Pendant que le pouvoir d’achat décroit vers le sous-sol, les prix sur le marché montent vertigineusement en prenant l’ascenseur. La situation pour le petit peuple est intenable.  « Après la crise sûrement ça va aller » dit-on pour se consoler. Mais à quand la fin de la crise ? Si au sommet de l’Etat (opposition et parti au pouvoir tous gouvernent le pays à travers leurs députés et ministres),  on se laisse bercer quotidiennement par les murmures capiteux des billets de banque, dans les bas-fonds, le petit peuple ploie sous le poids des difficultés existentielles. Si ministres et présidents d’institutions, membres de cabinets et directeurs centraux rivalisent par l’achat de voitures derniers cris et de résidences princières ; si les députés, parce que législateurs oints, se fabriquent des lois fantaisistes pour assurer leurs vieux jours, le petit peuple lui dégringole désespérément dans l’abîme de l’indigence.  Que d’états généraux, que de conventions, que de séminaires, que d’ateliers, que de cérémonies … pour dépenser et se distribuer l’argent du pays ! Et l’hémorragie financière continue ! Aujourd’hui des jeunes de ce pays, totalement déboussolés par l’actualité rocambolesque et le dépérissement des valeurs finissent par avoir pour idoles KONE Zakaria et consorts. Comment ne pas les comprendre dans une société où la valeur d’un homme se mesure par l’importance de son compte en banque ?

Les élections n’auront pas lieu le 30 novembre. Cette situation de ni paix ni guerre va malheureusement continuer de nous mordre encore l’esprit. La dégradation des infrastructures va s’empirer, la déchéance morale va s’aggraver, les militaires (FDS et FAFN) vont continuer de  nous effarer en se soulevant pour réclamer des primes, les investissements dans de nombreux secteurs seront freinés voire interrompus, les bailleurs de fonds vont se faire désirer…. Il y aura encore des rumeurs de coups d’Etat.

Les élections n’auront pas lieu pour deux raisons. D’abord nous avons voulu aller trop vite. C’est le Président de la république lui-même qui nous disait que lorsque l’on est pressé il faudrait aller doucement. Nous n’avons pas pris le temps de « penser » l’opération de l’enrôlement et de l’identification. Tout le monde était pressé. Le Président était pressé d’être réélu pour former un gouvernement de son choix et appliquer dans la sérénité son programme de gouvernement. L’opposition était pressée de gagner les élections et de voir l’un de leurs candidats monter sur le fauteuil présidentiel en lieu et place de L. Gbagbo. Ensuite, les élections ne pourraient pas se tenir maintenant parce  les Ivoiriens ont découvert que l’opération de l’identification, malgré toutes les assurances, n’est pas à l’abri des technologies de la haute tricherie. Pour nous autres qui attendions la fin de la crise pour espérer verdir, nous devons encore attendre. Le comble est que bientôt, des voix « politiciennes » se lèveront pour dénoncer le report des élections. Des porte-voix exigeront la démission du Président de la république. Une véritable foire d’hypocrisie.

Mais, en réalité, à qui profitent ces reports successifs des élections? Elles profitent aux politiciens seuls. Malgré toutes les incantations, la présidence de la république restera toujours aux mains du FPI, Soro Guillaume continuera d’être notre premier ministre, Beugré Mambé continuera d’être un chef d’institution avec tous les avantages liés à sa fonction, le RDR et le PDCI auront toujours des ministres au gouvernement, le MFA, le PIT, l’UDCY, l’UDPCI, considérés comme les petits partis, eux aussi continueront de jouir des délices d’avoir un ministre au gouvernement, les présidents des conseils généraux vont continuer de gérer des budgets, les maires même les plus défaillants resteront tranquillement à leur poste, les députés, les plus brillants comme les plus médiocres, continueront d’avoir leur million ; les conseillers économiques et sociaux continueront de percevoir leur joli salaire ; les com-zones continueront de régner dans leurs secteurs en narguant préfets et sous-préfets. Ce n’est pas tout : il faudrait alors continuer de payer les « hauts les cœurs », le racket à l’entrée de des zones CNO devrait continuer, les partis s’insulteront et se retrouveront ensuite à Ouaga ou ailleurs pour se réconcilier autour des bouteilles de champagne et de bon vin…Les reports successifs des élections, nous vous assurons, font le bonheur des politiciens de tous bords. Parce que les élections, si elles ont lieu, vont mettre fin à la carrière de nombreux politiciens, de nombreux élus et de nombreux ministres. Les élections sont reportées, les politiciens ne peuvent que jubiler. Tous y gagnent…

Et pendant ce temps, le peuple continuera de manger son pain noir. Les enseignants excédés vont se lancer dans des grèves et le ministre de tutelle va proposer de suspendre leur maigre salaire. Et il sera dit aux fonctionnaires d’attendre la fin de la crise pour voir leur situation s’améliorer. Attendre, attendre ! Et si l’on prenait son courage à deux mains pour leur dire d’attendre le retour du Christ ?

ETTY Macaire

Professeur de lettres

07001689

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POLITIQUE-FICTION: DES QUESTIONS A GBAGBO, BEDIE et ADO

Posted by ettymacaire on juin 1st, 2009

Cette interview est imaginaire. Cependant, à la lumière de ce que nous savons et avons entendu de ces trois leaders, il vous sera difficile de définir la frontière entre la réalité et la fiction.Présentez-vous messieurs

Gbagbo : je suis Gbagbo Laurent.Je suis originaire d’Ouragahio.  Je suis historien de formation. Je suis président de la république de CI depuis 2000

Bédié : Je m’appelle Henri Konan Bédié dit HKB. Je suis baoulé de Daoukro. Je suis économiste. J’ai été président de la Côte d’Ivoire de 1993 en  1999. J’ai été évincé du pouvoir par un stupide coup d’Etat d’Allassane…excusez-moi de Guéi.

ADO : Je suis Docteur Allassane D. Ouattara. Je suis originaire de Sindou…non, de Kong. J’ai un phd en économie. J’ai travaillé aux FMI, à la BECEAO etc. J’ai été premier ministre de la Côte d’Ivoire de 1990 en 1993. Je suis très riche et je suis connu partout.

De quelle religion êtes-vous ?

Gbagbo : J’étais catholique. Maintenant, je suis évangélique.

Bédié : Je suis catholique et bossonniste. C’est nécessaire sous nos tropiques.

ADO : Je suis protestant et musulman. Mais pour être sincère, actuellement je suis musulman ; c’est plus stratégique pour conquérir le pouvoir présidentiel.

Faut-il permettre le vote des étrangers ?

Gbagbo : Non ! Parce que la constitution l’interdit. Dans tous les pays, les non-nationaux ne participent aux votes. Le destin d’un pays se décide par les nationaux

Bédié : Je m’y oppose avec la dernière énergie. C’est justement pour cela que j’ai lancé la notion d’ivoirité. Cette notion invite les Ivoiriens à aimer leur pays.

ADO : Il faut permettre aux étrangers de voter. La CI est un pays exceptionnel ; il a été construit par des hommes de différentes nationalités. Ce pays doit servir de laboratoire à l’intégration africaine. C’est son destin et dès que je vais prendre le pouvoir, j’y veillerai.

A votre avis, Quelle est la cause réelle de la guerre que notre pays a connue?

Gbagbo : pour moi, nous avons connu la guerre parce que les Ivoiriens ont refusé que leur pays soit l’otage des puissances impérialistes, des réseaux mafieux et leurs complices locaux. Notre accession au pouvoir dérangeait une horde d’intérêts endogènes et exogènes.

Bédié : C’est tout simplement parce que j’ai été injustement chassé du pouvoir. Les Ivoiriens se calmeront et la paix reviendra dès que je monterai sur le fauteuil.

ADO : Cette guerre est l’aboutissement logique de la politique de l’ivoirité pratiquée par les régimes de Bédié, Guéi et Gbagbo. Et cette ivoirité est fondée sur la xénophobie et l’exclusion qui ont atteint leur point culminant avec le régime de Gbagbo. Il faut chasser Gbagbo du pouvoir.

Pensez-vous remporter les élections à venir ?

Gbagbo : C’est normal que mon parti  remporte les élections. Notre programme et porteur d’un grand espoir pour la renaissance de notre pays. Et malgré la guerre, nous avons posé des actes qui ont remis la CI sur les rails. Nous profiterons de cette paix pour relancer ce programme pour la refondation de la Côte d’Ivoire.

Bédié : Sociologiquement mon parti est majoritaire. Il y a d’abord les baoulé et tous les akans qui sont avec nous. Nous sommes bien implantés au nord et à l’ouest. Et puis n’oubliez pas que c’est le PDCI qui a construit ce pays.

ADO : Mon parti remportera les élections à venir avec plus de soixante pour cent. Je compte sur mes frères du nord qui vivent sur toute l’étendu du territoire. Il y a aussi les ressortissants du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée, du Niger qui ont réussi, grâce à nos soins, à obtenir les pièces administratives ivoiriennes.

Etes-vous d’accord avec tous ceux qui souhaitent l’instauration d’un débat  télévisé pour permettre aux différents candidats de s’affronter ?

Gbagbo : Je crois qu’ils ont raison de souhaiter ce débat. Un candidat doit pouvoir, dans un débat contradictoire, être capable de défendre son programme de gouvernement. Dans le cas contraire, il n’est pas outillé pour aspirer à la magistrature suprême de ce pays. Le débat contradictoire, c’est aussi cela la démocratie.

Bédié : Un débat télévisé. Je trouve qu’il  ne vaut pas la peine. Les Ivoiriens savent ce que valent le PDCI et son candidat naturel. Le PDCI a le pouvoir de faire de notre pays l’éléphant d’Afrique

ADO : Je pense qu’un débat télévisé est inutile. Nous sommes en Afrique et les Africains  ne sont pas encore murs pour la dialectique. Le débat peut ouvrir des plaies qu’il serait difficile de cicatriser.

Pour vous quel doit être le profil idéal du futur président ivoirien ?

Gbagbo : il doit être un démocrate, aimer son pays et être  un visionnaire. Il doit avoir pour souci d’enrichir les Ivoiriens en libérant économiquement le pays.

Bédié : Il doit être baoulé. Vous savez Dieu a déjà bien fait les choses. Il y a des peuples faits pour diriger comme il y a des peuples faits pour suivre et exécuter. Je vous renvoie à mon livre « Sur les chemins de ma vie ».

ADO : Il doit être un milliardaire. Il doit avoir un carnet d’adresses bien fournis. Il doit connaitre les arcanes des finances mondiales. Et surtout il doit mettre les richesses de la CI  à la disposition de la sous-région.

Que feriez-vous en cas d’échec aux élections ?

Gbagbo : Si je suis battu loyalement, de façon transparente et démocratique, j’accepterai le verdict et donc la volonté de la majorité. Je  me retirerai dans mon village pour écrire mes mémoires. J’ai tellement de choses à dire.

Bédié : Je ne peux répondre à cette question car il n’est pas possible que le PDCI, le parti majoritaire, ne gagne pas les élections. Les Ivoiriens savent eux-mêmes que seul mon parti et moi pouvions les mettre sur le chemin du bonheur  et du progrès.

ADO : Perdre les élections ? Ce n’est même pas à envisager. Nous n’avons pas fait cette guerre pour perdre les élections. C’est notre tour, nous les musulmans et les nordistes, de gouverner ce pays et personne ne peut nous en empêcher. Sinon ce sera…Non, on ne peut pas perdre.

Que pensez-vous de l’élection d’Obama ?

Gbagbo : Son élection montre que l’Amérique a un système politique parfaitement démocratique. Que cette nation est mure et a atteint un niveau de réflexion et d’ouverture extraordinaire. Obama est aussi la preuve que pour être un président de la république il faut faire la politique et surtout avoir une vision pour son pays.

Bédié : Pour moi, il est trop jeune. Gouverner un pays exige de la sagesse et de l’expérience. Vous verrez qu’il va échouer. Et c’est pour cette  raison que les Ivoiriens vont porter leur choix sur moi, un homme mur et sage.

ADO : Son élection m’inspire une seule chose : c’est une leçon faite aux Ivoiriens qui, au lieu de penser compétence et performance, se focalisent sur la nationalité. En tout cas je gagnerai les élections comme Obama. Nos destins sont similaires. On se ressemble beaucoup, même physiquement!

Quels commentaires faites-vous de ce qui se passe au Madagascar ?

Gbagbo : C’est malheureux : Le jeune maire doit savoir que pour être président de la république, il faut se présenter aux élections présidentielles et être élu. Descendre dans la rue et affirmer de prendre la direction du pays en main est antidémocratique.

Bédié : Quand tu viens au pouvoir par la rue comme l’ont fait Ravalomanama et Gbagbo, c’est la rue qui peut te chasser. En tout cas moi je soutiens le maire.

ADO : Je crois que le jeune opposant doit prendre attache avec l’armée pour faire un coup d’Etat. Les marches et les sit-in n’aboutissent qu’aux arrestations. Un coup d’Etat ou une rébellion est un raccourci efficace.

Que vous inspire la mort du président guinéen Lassana Conté ?

Gbagbo : c’est un ami de la Côte d’Ivoire qui est décédé. Pendant la guerre dans notre pays, il a été un de nos soutiens les plus sûrs. En tout cas la Guinée, par sa mort,  perd un grand homme, un patriote, un résistant.

Bédié : J’ai horreur des putschistes. Quand je regarde Conté je vois Ouattara…euh ! Je voulais dire Guéi.

ADO : Lanssana Conté a soutenu le régime xénophobe de Laurent Gbagbo. Et pour cela son décès est un bon débarras. La Guinée, avec ses nouveaux dirigeants, peut nous être utile pour nos projets.

N’DRI ETTY Macaire

CEFPI Divo

07001689

ethimacaire@yahoo.fr

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L’EXPLOITATION POLITICIENNE DE L’HOUPHOUETISME DANS LE DEBAT POLITIQUE EN CI

Posted by ettymacaire on juin 1st, 2009

Jamais l’houphouétisme n’a été autant revendiqué par nos politiciens que durant cette crise que nous traversons. Houphouët, tout le monde le dit, est un homme de paix, un visionnaire, un bâtisseur, un patriote. Guillaume Soro, dernièrement, dans un élan « bosssoniste » est allé sur son tombeau pour solliciter sa précieuse assistance en vue de mieux conduire le processus de sortie de crise. En se faisant passer pour les dépositaires légitimes de la pensée du Vieux, le but final est de manipuler les esprits et séduire les potentiels électeurs.  Bédié, ADO, Mabri et Anaky comme pour convaincre les Ivoiriens  de leur conversion sincère et profonde avaient  confirmé leur « baptême », au bord de la Seine, en créant le RHDP, sous le parrainage  de Tonton Chirac (un autre houphouétiste).  Laurent Dona Fologo, on le sait, n’a jamais cessé de dire qu’il est celui qui a, le mieux, appris auprès du Vieux. Le président Gbagbo, lui, sans jamais revendiquer cette philosophie, est souvent considéré par certains militants du PDCI comme un digne héritier du houphouétisme.  Selon Laurent Dona Fologo par exemple, le chef de l’état actuel, en raison de sa vision du pays, son patriotisme et de son génie politique, répond au profil d’un véritable houphouétiste.  Bien qu’élève pratiquant « l’école buissonnière » durant les « cours politiques » du Vieux, le Woudy est, selon Fologo et bien d’autres, celui qui a le plus compris sa pensée. La question que l’on pourrait se poser alors est la suivante : comment des hommes politiques aussi violemment différents voire opposés du point de vue  de leur idéologie et de leur approche de la République peuvent  se reconnaître ou être reconnus, tous, comme des houphouétistes ? En termes autres : qui est véritablement houphouétiste ?

Bien qu’ayant de nombreux dénominateurs communs avec le Père de la Nation et bien que reconnaissant ses qualités de bâtisseur et de visionnaire, Laurent Gbagbo ne saurait être (au risque de choquer Fologo) un houphouétiste convaincu. Il a consacré une partie de sa vie à combattre le système que le premier président ivoirien représentait et défendait. D’ailleurs, l’Enfant de Mama, n’a jamais sollicité son inscription sur la liste des disciples du Bélier de Yamoussoukro. Fologo, quant à lui, est-il un véritable houphouétiste ? De nombreux Ivoiriens vous diront oui : c’est un homme de paix, un adepte du dialogue et du pardon, un défenseur constant de la république et de l’unité nationale, un patriote. Mais, ADO, qui a toujours vu les coups d’état comme un raccourci efficace pour accéder au pouvoir d’état est-il un houphouétiste ? Bédié qui, tout au long de son règne, a œuvré pour effacer l’image de son prédécesseur de la mémoire collective ; qui a manifesté envers « son père » une déloyauté aussi profanatrice est-il un digne héritier de le houphouétisme ? Anaky et Mabri Toikeusse méritent-ils, eux aussi, le label houphouétiste ? Sont-ils sincèrement des houphouétistes, ces hommes qui ont participé au vaste complot visant à « dépecer et vendre » notre pays ? Peuvent-ils se réclamer du houphouétisme alors que tout en eux – actes, paroles et pensées – en dit le contraire ?

Ma conviction profonde est qu’ils sont tous sincères : tous ces politiciens sont effectivement des houphouétistes. Seulement, pour mieux comprendre les attitudes des uns et des autres, il faudra au préalable se demander : qu’est-ce que le houphouétisme? Cette notion recouvre-t-elle la même réalité chez tous ceux qui se flattent d’en être les dignes héritiers ? Ce néologisme, il faut s’en convaincre désormais,  recouvre deux réalités. C’est une notion ambivalente qui réunit deux courants de pensée totalement contradictoires. Le houphouétisme a deux sens - le sens diurne et le sens nocturne - qui découlent de la double personnalité de Houphouet Boigny, son inspirateur.

D’une part, le houphouétisme est une philosophie de paix et d’amour. C’est un humanisme qui prêche le dialogue, la fraternité, le partage, le consensus .  Il embrasse l’ensemble des enseignements du premier président de la CI. C’est cette   philosophie exotérique, visible, à la portée de tous, qui transparaît abondamment dans les maximes devenues célèbres du Bélier de Yamoussoukro : « Mon cœur est plein d’amour au point qu’il n’ y a pas de place pour la haine » « Dieu est amour », « la paix ce n’est pas un mot, c’est un comportement », « le dialogue est l’arme des forts », etc. Le houphouétisme ici, révèle la personnalité officielle de Houphouet Boigny. C’est ce Houphouet qui s’est battu contre le colonialisme. C’est celui que les Ivoiriens apprécient et considèrent comme l’apôtre de la paix. Qui a construit la basilique et la Fondation pour la recherche de la paix de Yamoussoukro, qui a crée le prix UNESCO pour la recherche de la paix, qui a assuré la stabilité du pays, etc. Laurent Dona Fologo est justement le digne héritier de ce courant, qui est d’ailleurs le plus connu car le plus médiatisé. Père du sursaut national, homme de mesure, politicien mature et non-violent, Fologo apparaît aux yeux de nombreux ivoiriens comme le houphouétiste authentique.  A la liste de ces héritiers, il faudrait inscrire des personnalités comme Tano Brou Antoine, Mathieu Ekra, l’ambassadeur Ouégnin, Sery Gnoleba,  etc. En réalité, Fologo et tous ceux que nous venons de citer, ne sont que les héritiers de la mamelle noble et diurne de l’houphouétisme.

D’autre part, évidemment, nous avons le houphouétisme nocturne, dissimulé, ésotérique, sibyllin. Cette branche ténébreuse procède de la seconde personnalité du « père de la nation ivoirienne ». Il s’agit de Houphouet  le pion central de la Françafrique, le monarque redoutable et redouté, le dictateur, ennemi de la contradiction et de la liberté d’expression. C’est ce houphouétisme obscur qui a soutenu les rébellions du Liberia, de l’Angola, du Nigeria. C’est de cette branche sombre et cabalistique que se réclament, à raison, ADO, Anaky, HKB et consorts. Les membres du Rassemblement des Houphouétistes sont en fait les dignes héritiers de cet effroyable courant. Ce houphouétisme occulte et liberticide a d’ailleurs de nombreux adeptes convaincus, même en dehors de la Cote  d’Ivoire et de l’Afrique voire dans l’au-delà. Entre autres, on pourrait citer Chirac, Bongo, Taylor, Savimbi. On comprend, à partir de ce qui précède, les raisons pour lesquelles tant d’individus revendiquent le houphouétisme. Ils sont effectivement les loyaux héritiers de la branche nocturne de cette philosophie. ADO, dans cette conception, est effectivement un houphouétiste  dans la mesure où il a soutenu et entretenu une rébellion pour attaquer la Côte d’Ivoire dont il se réclame être un citoyen. HKB est lui aussi un houphouétiste dans la mesure où il a joué brillamment au dictateur lors de « son règne de monarque ». N’a-t-il pas jeté les responsables du RDR (des opposants politiques) en prison en 1999 ? N’a-t-il pas englouti des milliards, comme Houphouet, dans des constructions grandioses dans son village dans la seule intention d’étancher sa soif mégalomaniaque ? En conséquence, on peut affirmer sans risque de choquer les Ivoiriens que les membres du RHDP ont le droit de se réclamer houphouétistes. Seulement, ils n’admirent et n’imitent Houphouet-Boigny que dans sa dimension la plus ombreuse.

En somme, le houphouétisme est une philosophie hybride. Cette philosophie est à la fois diurne et nocturne, exotérique et ésotérique. Lorsque nous avons compris toute  l’ambiguïté que recouvre cette notion, nous avons compris pourquoi même des « collabos déhontés » se réclament du houphouétisme. Notre intention n’est point de salir la mémoire du Grand Homme. Nous avions voulu simplement, par devoir intellectuel,  « déballer » la notion du houphouétisme dans le  but d’édifier les Ivoiriens qui ne comprenaient pas la cacophonie revendicative qui s’élève de tous les camps. La pudeur africaine nous impose de ne parler des morts, surtout les plus illustres, qu’en des termes élogieux. Retenons donc, pour la construction de notre nation commune, la branche diurne et noble de la philosophie du houphouétisme, celle qui prône la paix, le dialogue, l’unité nationale.

 

                                                                                          ETTY Macaire

Professeur de lettres

07001689

ethimacaire@yahoo.fr

 

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QU’AURAIT FAIT BEDIE S’IL ETAIT AU POUVOIR PENDANT LA GUERRE ?

Posted by ettymacaire on mai 31st, 2009

 L’actualité de ces derniers jours a été dominée, de façon bruyante, par les meetings passionnés de Bédié. A l’Est du pays où il se trouvait le « sphinx » est devenu un tribun braillard atteint de logomachie. Laurent Gbagbo évidemment est la cause d’un tel désordre verbeux. Bédié pour qui « l’heure a sonné » a éprouvé un plaisir mâle à « corriger » les refondateurs qu’il accuse d’avoir fait descendre notre beau pays « aux enfers ». Alors que lui, Bédié, avait pris le soin de le placer « au ciel ». La CI est dans cet état comateux par la faute de Koudou Laurent Gbagbo. Et les effets collatéraux de la guerre ? La guerre n’a rien à y voir vous répondra N’Zuéba. Pour le « candidat naturel » du PDCI, le bonheur de notre pays ne sera possible qu’avec son retour prometteur au pouvoir. Comme si on ne l’avait jamais vu conduire les affaires de l’Etat au plus haut au degré. Sacré Bédié ! Alors face à un tel déploiement de démagogie, de nombreux Ivoiriens se demandent à juste titre : Comment aurait agi HKB s’il était assis sur « le fauteuil présidentiel », en lieu et place de Laurent Gbagbo, tout au long de la crise armée ? Bédié président de la république dans un contexte de paix est un triste film que nous avons déjà vu durant près sept ans. Le seul film qui pourrait aiguiser notre curiosité serait celui dans lequel le président de la république s’appelant Bédié serait confronté à une « sale guerre ». Vous imaginez l’affluence dans les salles. Aurait-il réussi en dépit de la rage des kalaches et les grognements nerveux des tanks à construire son mythique « éléphant d’Afrique » ? Aurait-il réussi en temps de guerre ce qu’il n’a pu faire en tant de paix ? Pour répondre à ces questions, nous devons simplement interroger sans complaisance les faits et gestes passés de celui qui aspire à revenir aux affaires. De  prime abord, la première réaction que le Prince de Daoukro aurait eue aux premières du conflit armé serait de sauvegarder sa précieuse vie et celle de sa famille nucléaire. Pour cela, de l’Italie où il devrait être, il aurait choisi d’atterrir en France, à la demande de Chirac, pour y trouver refuge. Le peuple ivoirien peut être abandonné à son sort, tant pis. Cette option lui sied bien dans la mesure où dès les premiers coups de feu d’un certain décembre 1999, il avait choisi médiocrement le chemin déshonorant de l’exil doré. Ce coup d’état de Guéi s’était fait pourtant sans effusion de sang. Le contexte du coup de force était très loin de celui qui avait suivi la violente attaque des assaillants du 19 septembre 2002 qui, de bonne heure, avait ensanglanté le pays. N’Zuéba n’a pas la témérité de Gbagbo qui très tôt avait compris qu’en tant que chef de l’Etat et chef suprême de l’armée, son devoir était de rentrer courageusement dans son pays pour organiser la résistance. Cependant  comme nous sommes dans la logique des hypothèses, on peut supposer que sur les conseils de quelques officiers ou par un sursaut de courage, Bédié décidât de rentrer au pays quelques semaines après les hostilités. A ce moment qu’aurait-il fait ? Quelle serait sa réaction face à une rébellion mieux armée et déterminée à renverser l’ordre constitutionnel ?

Sur le plan purement militaire, Bédié par un réflexe tribal, aurait avant toute chose limogé son chef d’Etat majeur Timité, un ressortissant du nord, au profit de la nomination d’un officier supérieur baoulé. Il faudrait, évidemment, protéger prioritairement le clan et  le peuple élu venu d’Egypte, né pour gouverner (Voir les chemins de ma vie). Le Sieur Bédié aurait déclaré que c’est le peuple baoulé qui était visé par l’attaque. Il aurait conséquemment sonné la mobilisation tribale pour protéger leur « likê ». Devant une maladresse aussi primaire, les Ivoiriens non baoulés, désarçonnés, l’auraient abandonné à son pathétique sort. Gbagbo lui avait agi autrement en faisant preuve de hauteur. Il avait fait confiance à Mathias Doué, un guéré, puis à Philippe Mangou, un ébrié. Transcendant la thèse d’une guerre contre son parti ou son groupe ethnique, il avait intelligemment fait admettre à tous que c’était la république de CI qui était attaquée. Le PDCI qui avait, aux premières heures de la guerre, fait allégeance aux rebelles (Djédjé mady s’était agenouillé à Bouaké pour les supplier) aurait-il pu tenir tête aux rebelles? Evidemment que non ! Les mobilisations populaires des 02 septembre et 02 octobre n’auraient pas eu lieu. La raison est que ce n’est pas à l’appel de tous les hommes politiques que la population ivoirienne répond. On se rappelle qu’avant son départ déshonorant en exil, Bédié avait appelé d’une voix suppliante vainement les Ivoiriens à descendre dans les rues pour contester le pouvoir putschiste de Guéi. Pauvre N’Zuéba ! Un leader comme lui, connu pour être très loin du peuple, n’aurait eu aucune chance de réussir le combat épique de la résistance.

Sur le plan civil, Bédié aurait eu là l’occasion privilégiée d’expérimenter en grandeur-nature sa politique de l’ivoirité. Il aurait donné la chasse aux étrangers dans la zone gouvernementale surtout que certains d’entre eux avaient combattu aux côtés des assaillants. Pire : dans les quartiers des villes libres il aurait ordonné la persécution des non-ivoiriens et Ivoiriens qui n’étaient pas « de souche multiséculaire ». Rapidement la guerre militaire allait se muer en guerre civile et même religieuse. On imagine avec frayeur les conséquences d’une telle gaucherie politique. Cette dérive identitaire n’avait pas eu lieu sous le pouvoir de Gbagbo parce qu’il s’était battu de bonne heure pour convaincre les uns et les autres que cette guerre n’était ni tribale ni religieuse. Bédié, évidemment n’aurait pas eu ce flair. Car, jamais il n’a été considéré aussi bien par les militants de son parti que par ses adversaires comme un génie politique. Conseillé par le sieur Niamkey Koffi, grand idéologue de l’ivoirité, il serait tombé dans le piège d’un bain de sang ethnique.

Sur le plan socio-économique, la première décision qu’aurait prise Bédié serait d’arrêter de payer les fonctionnaires. Celui qui malgré « les pluies de milliards » consécutives à la dévaluation du francs CFA, n’avait pas pu mettre fin aux salaires à double vitesse (institué par ADO) des enseignants était capable dans une situation de crise militaire de suspendre le paiement les salaires ou du moins de les payer à compte gouttes. Bédié aurait simplement profité du contexte de chienlit pour se faire un butin de guerre en attendant des lendemains meilleurs pour en jouir. Nous n’aurions pas eu les constructions de Yamoussoukro, l’électrification des milliers de village, la distribution des kits scolaires, le recrutement de milliers d’enseignants, de policiers et de gendarmes, l’accord des indemnités de logements en faveur des instituteurs, la signature d’un décret en faveur d’un nouveau profil des enseignants, le nouveau statut des magistrats, des préfets et sous-préfets, etc. Nous aurions assisté au pillage des ressources financières par son clan. Le régime qui avait détourné les 18 milliards de l’Union Européenne en tant de paix, aurait-il réagi autrement dans un contexte de désordre et d’anarchie dû à la guerre ? Celui qui a poussé le surendettement de la CI à son paroxysme en 1996 en temps de paix  nous aurait conduits inexorablement dans une situation une d’asphyxie financière. Déjà quand il était au pouvoir, la CI était en rupture totale avec les FMI et la Banque mondiale. Bédié attaqué par les rebelles n’aurait pas pu déployer une politique pour renouer avec ces institutions financières. Pire, la CI ne saurait bénéficier du point de décision à l’initiative PPTE dans la mesure où les tentatives du PDCI en 1998 s’étaient soldées par un échec fracassant alors que l’environnement était plus favorable. Ne bénéficient de l’initiative PPTE que les régimes qui ont font preuve de bonne gouvernance et de rigueur dans la conduite des affaires de l’Etat. Jamais on n’aurait entendu parler de la moralisation de la vie publique. N’Zuéba qui n’avait pas eu le courage de poursuivre « le chef bandit » qui avait « dévoré » les milliards des toubabs destinés à renforcer notre système sanitaire ne pouvait pas intenter de procès contre les gestionnaires indélicats. De plus, une telle opération n’est possible que lorsque l’initiateur lui-même ne traîne pas des casseroles, or dans ce domaine, il serait difficile pour Bédié d’être convaincant.

Sur le plan politique et uniquement sur ce plan précis, on aurait assisté au grand nettoyage. ADO que tout le monde accuse d’être le commanditaire de la guerre serait simplement poursuivi par le régime Bédié. Le plus illustre des Ouattara n’avait-t-il pas été l’objet de poursuites judicaires au temps où Bédié était au pouvoir pour des motifs de moindre gravité ? Les Ivoiriens n’ont pas encore oublié le fameux mandat international qu’il avait lancé contre son ennemi bien aimé. Alors, à votre avis qu’aurait fait Bédié s’il soupçonnait simplement qu’ADO était le véritable chef de la rébellion ? Tous les opposants qui se seraient alliés avec les rebelles comme c’est le cas aujourd’hui auraient subi une série de châtiments exemplaires. Des chars auraient été disposés devant les domiciles des leaders de l’opposition comme cela été le cas dans les années Bédié. Quand on se souvient que pour des actes de moindre envergure des hommes politiques avaient été poursuivis, on est à l’aise pour déviner avec justesse ce que Nzuéba aurait fait. Où étaient la plupart des dirigeants du RDR à la veille du coup d’Etat des « jeunes gens » ? Les déclarations que nous attendons à longueur de journée dans Le Nouveau Réveil ou Le Patriote accusant Koudou d’être « un voleur » « un assassin » ne seraient pas possibles. Pour avoir dit que Bédié est un nabot, Hamed Bakayoko avait subi la rigueur et le stress d’un procès. Pour avoir laissé écrire que « Bédié était au stade, la poisse aussi » Aboudramane Sangaré avait été bastonné comme un vulgaire individu. Pour avoir mis le monde scolaire et estudiantin en grève Blé Goudé a été enchainé comme un aliéné mental.

Que conclure ? Notre pays, la CI, ne serait pas là où il est aujourd’hui si Bédié était président de la république au moment de la guerre. Le pays serait condamné à un chaos sans nom car il serait tombé aux mains des rebelles et des impérialistes français. Tout simplement parce que Bédié n’aurait pas eu le courage et l’intelligence politiques nécessaires pour organiser la résistance et gagner le défi de la paix. Les Ivoiriens ne peuvent en conséquence lui renouveler leur confiance. Quand dans un contexte de paix, on n’a pas pu sortir la CI de la crise économique, on est certain qu’on ne saurait diriger une CI qui sort à peine d’une guerre. A bien réfléchir, nous sommes convaincus que durant cette crise, Bédié en lieu et place de Gbagbo aurait, pour abréger ses difficultés, simplement vendu notre pays aux réseaux mafieux français. Un tel homme mérite simplement d’être classé dans les tristes souvenirs du passé.

N’DRI Etty MacaireProfesseur de lettres 07 00 16 89

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LES EFFETS DE LA GUERRE COMME ARGUMENT DE CAMPAGNE DU RHDP

Posted by ettymacaire on mai 31st, 2009

 

Au fur et à mesure que la perspective de l’élection présidentielle est envisagée, l’opposition ivoirienne, à travers des meetings et des écrits, s’évertue à faire croire aux Ivoiriens que le FPI ne mérite plus leur confiance. Le double objectif de cette rafale d’attaques est d’assommer la conscience des militants du régime au pouvoir et de détourner les électeurs vers leurs probables candidats. Une telle démarche  est de bonne guerre mais procède d’un déficit d’imagination et de stratégie de conquête du pouvoir d’Etat.L’espoir suscité par l’accession du FPI au pouvoirEn Octobre 2000, le programme de gouvernement du FPI était une promesse de prospérité pour la CI. Les refondateurs, qui avaient promis de « gouverner autrement », à l’aube de l’accession du Président Gbagbo au pouvoir, avaient déployé une gestion rigoureuse des affaires de l’Etat. Les réformes entreprises dans divers secteurs notamment dans les filières des finances et du cacao donnèrent, de bonne heure, des satisfactions dantesques. Le budget sécurisé initié par ce régime sonnait comme un défi qui marquait la détermination des « frontistes » à rompre avec la dépendance et la politique de la main tendue. Tous les indicateurs montraient ostensiblement que le parti au pouvoir était bien engagé pour faire de la CI, un pays émergent. Face à une telle perspective, les nouveaux opposants, en panne d’inspiration et d’imagination créatrice, comprirent qu’il leur serait difficile de reprendre démocratiquement le pouvoir au FPI. Impatients de revenir aux affaires, ils se persuadèrent que la seule voie qui s’offrait à eux était d’empêcher, par tous les moyens, le FPI de gouverner. La guerre comme obstacle au programme de la refondationAinsi lorsque la guerre a éclaté, tous les partis de l’opposition, se sont démenés pour apporter leurs soutiens haineux aux guérilleros. La création du G8 à l’époque apparaissait comme une belle métaphore de ce soutien antirépublicain. La guerre était pour eux une précieuse adjuvante qu’il fallait encourager et entretenir. Elle était l’arme fatale pour juguler le programme de la refondation et empêcher la satisfaction des promesses de campagne. En effet, aucun régime - et les opposants le savent -  aussi compétent soit-il, ne peut dans un contexte de crise militaire et politique « dérouler son programme » dans la sérénité. La priorité étant de trouver une solution durable à la  crise, tout investissement socio-économique, normalement, comme on le voit dans tous les pays en guerre, va connaitre irrémédiablement un ralentissement voire  un arrêt. Quand des tueurs attaquent la maison familiale, la priorité du père n’est pas de réparer les ventilateurs en panne ou de revoir à la hausse le montant du petit déjeuner mais plutôt d’assurer la survie de sa famille. Le régime au pouvoir  va consacrer, le plus logiquement du monde, toute sa force à la quête de la paix au détriment de son programme pour lequel il a été élu. Toute l’énergie financière de la seule zone gouvernementale sera « tendue » vers la défense des institutions républicaines : achat d’armes, entretien des FDS, assistance des populations déplacées, offensives diplomatiques, interminable formation de gouvernement…Faire face à une crise armée coute excessivement cher. « La paix n’est pas bon marché, mais la guerre a un cout infiniment supérieur » disait SHIMON PERES (L’évènement du Jeudi, 24 Dec 1997). Parallèlement et dans le même temps, il fallait faire fonctionner les institutions, payer les salaires, faire face aux grèves intempestives, aux sautes d’humeur des FDS, aux complots intérieurs et extérieurs. Le désordre comme un virus impitoyable va infester tous les secteurs d’activité. Les fondements moraux et socio-économiques vont malheureusement s’effondrer. De nouveaux maux vont voir le jour pendant que les anciens vont prendre du volume et prospérer : pillage des ressources de l’Etat, détournements de l’argent du cacao, achat de conscience, déversements de déchets toxiques, dérives verbales, corruption, rackets etc.  Les prix du pétrole et des denrées de premières nécessités, sur le marché international, vont, par une méchante coïncidence, prendre de l’envol comme pour apporter une pierre à « la déconstruction nationale ». Le peuple épuisé par une crise qui semble ne jamais finir, par intermittence, va crier son ras-le-bol.Confusion volontaire et hypocrite des effets de la guerre et le bilan du FPI La guerre ayant fait un travail extraordinaire de destruction, l’opposition va retrouver alors de la voix. Pour elle, le discours électoral pour abattre le FPI est tout trouvé. Sa mission divine est de convaincre les Ivoiriens de l’incompétence des refondateurs. Ainsi cette opposition va reprocher, à longueur de journée, aux refondateurs de n’avoir pas  tenu les promesses de campagne. Dénigrement, calomnies, intoxication, désinformation, incantations…toutes les armes sont utilisées. Il fallait à tout prix ravaler le FPI au rang d’un « parti qui a fait pire ». La première dame est diabolisée, le président est voué aux gémonies, ses proches sont crucifiés. « Le FPI est un parti de voleurs », « «  le FPI a n’a pas fait les routes », « le FPI a abandonné le pays dans la misère ». Tels sont les cantiques préférés de la chorale enrouée du RHDP. Jamais un régime au pouvoir n’a été autant combattu ! En accusant le pouvoir de n’avoir pas investi dans les infrastructures socio-économiques, l’opposition a choisi le vil chemin de la délation et de la mauvaise foi. Quel régime peut-il investir dans le développement au moment où il doit faire face à une guerre soutenue de l’intérieur comme de l’extérieur ? Quel pays en guerre a-t-il réussi la prouesse de gagner en même temps la paix et le progrès ? Il faut avoir le courage de s’interroger : La CI en guerre pouvait-elle obtenir des choses qu’elle n’a pas pu obtenir dans la paix même à l’époque des torrents de milliards ? Le PDCI de Bédié serait-il capable dans une atmosphère de guerre d’assurer les salaires des fonctionnaires et faire fonctionner l’Etat ? Qu’aurait fait  en tant de crise armée celui qui avait englouti l’économie du pays dans des constructions mégalomaniaques dans son village? Qu’aurait fait notre ADO national, lui qui avait divisé le salaire des enseignants en deux et vendu toutes nos sociétés, en tant de crise économique, s’il était confronté à une crise militaire synonyme de décadence économique, sociale et morale? L’échec programmé de cette campagne de diabolisationLa vérité qu’on refuse de reconnaitre tient en ces mots : la situation de guerre est la cause principale de l’effondrement de notre société ; HKB et ADO, au regard de leur passé, en lieu et place de Koudou, nous auraient précipités dans un abîme sans nom. Accuser le FPI d’être le parti responsable de cette regrettable dégérescence, c’est verser dans l’intoxication. Il est tout à fait vrai de croire que l’opposition ivoirienne a soutenu la guerre tout juste pour mettre en mal la gouvernance du FPI et avoir des raisons pour fouailler la refondation. Qu’aurait été le discours de campagne de nos « jeunes opposants » s’il n’y avait pas eu cette sale guerre ? L’opposition oublie que les Ivoiriens qui ont muri politiquement à force d’épreuves ne manqueront pas de leur demander des comptes au moment venu. Que de cingler le FPI de sarcasmes, elle ferait mieux de se préparer à répondre à une foultitude de questions : Qui a commandité la guerre ? Quel rôle chaque parti y a joué ? Quels sont les partis qui ont aidé les rebelles dans leur intention de renverser l’ordre constitutionnel ? Quelle  a été la position de chaque parti quand l’armée française a tiré sur des patriotes aux mains nues et sur les symboles de l’Etat? Pourquoi l’opposition n’a-t-elle pas démissionné du gouvernement alors qu’elle ne partageait pas la politique du chef de l’Etat ? Combien de fois, même au bout des lèvres, l’opposition a-t-elle demandé aux rebelles de désarmer ? etc. Ce sont autant de questions qui vont alimenter les débats lors de la campagne présidentielle qui s’annonce palpitante. Si l’on doit juger équitablement le FPI, il doit l’être sur la période comprise entre 2000 et 2002. Ou attendre après le deuxième mandat que les Ivoiriens attendent de lui donner. Les bilans à comparer objectivement sont ceux d’ADO (1990-1993), de Nzuéba (1993-1999) et du Woudy (2000-2000). Et cette comparaison sera faite. Le parti au pouvoir malgré le vent dévastateur de la guerre a réussi la prouesse de sauver les fondamentaux de l’Etat et d’enregistrer des succès étonnants. Ceux qui minimisent le pouvoir destructeur de la guerre n’ont qu’à faire un tour en RDC, au Liberia, au Rwanda ou au Soudan. C’est la gestion intelligente de la crise qui nous a épargné les exemples tragiques de ces pays. Et cette gestion est à mettre sur le compte du régime au pouvoir qui a su déjouer tous les pièges d’un bain de sang ethnique. N’oublions jamais ceci : La guerre est une calamité, lorsque le régime attaqué y survit, il devient une force incommensurable. Et les élections à venir étayeront cette assertion. L’opposition ivoirienne, le sachant bien, a choisi, pour cette raison et par reconnaissance des énormes services à elle rendus par les rebelles de Soro, de ne jamais exiger le désarmement comme préalable à la tenue des élections. 

N’DRI Etty MacaireProfesseur de lettres07001689 

 

 

 

 

 

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DES REPONSES A VENANCE KONAN

Posted by ettymacaire on mai 29th, 2009

DES REPONSES A VENANCE KONAN !

Depuis quelques temps, Venance Konan, « citoyen intègre » (sic), en transe, accorde avec jactance et véhémence une série d’interviews manifestement dirigées contre le pouvoir FPI (cf.  DIALOGUE  N°017 du mercredi 02 mai 2007  et Spécial DIALOGUE N°01 du samedi 21 juillet 2007). INTERVIEW-VERITE : VENANCE KONAN DESHABILLE LE REGIME FPI ou VENANCE KONAN DEMONTE LE REGIME FPI ou encore VENANCE KONAN CRACHE DU FEU tels sont les titres ronflants à la Une de ce quotidien, véritable recueil de « coquilles » (voir le N°017). Que reproche le sieur Konan à ce régime ? Telle est l’implacable question qui nous a donné faim à lire ces fameuses interviews. Le Sieur Konan, présenté par ce quotidien comme un « leader d’opinion » doublé d’un « analyste des questions politiques », reproche au FPI d’être un parti tribaliste, dictatorial, incompétent et liberticide. Nous tenterons dans ce « papier » de passer à l’épreuve des faits les griefs de « l’éminent journaliste ». Mais avant tout, une question : M. Venance Konan mérite-il le statut de leader d’opinion ou d’analyste politique ?

I. M. VENANCE KONAN : UN LEADER D’OPINION?

 M. Venance Konan évoque dans la mémoire collective les grands reportages sur les pays en guerre comme le Libéria et la Sierra Léone. Cela lui a valu de remporter le prix « Ebony ». De ce fait, il peut objectivement se targuer d’être « un éminent journaliste ». Ainsi, en lisant ces interviews, nous nous attendions légitimement d’une part à une analyse pointue de l’actualité, fondée sur des arguments solides, des preuves irréfutables et d’autre part à des critiques constructives d’autant plus que l’invité était un « analyste des questions d’actualité », doublé d’un « journaliste émérite » selon les propos dithyrambiques du journal… que nenni ! Nous avions eu plutôt droit à un ramassis d’affirmations gratuites et d’accusations arbitraires, à des propos dénués d’élégance et de civilités. Que nous étions loin des plumes des analystes politiques que sont Diégou Bailly, James Cenach, Sery Bailly, Jean Baptiste Akrou et Gnamien Yao ! Des plumes soucieuses de prouver pour convaincre. Que nous étions loin, très loin des articles des animateurs du défunt « Notre Temps » qui ont porté à son apogée le journalisme d’analyse et d’investigation dans notre pays! Si on peut pardonner au Sieur Konan son inaptitude à manier l’euphémisme et la litote (c’est de l’art), on ne peut cependant comprendre que « le journaliste émérite » qu’il est, ne puisse pas élever le niveau du débat, en argumentant simplement. Car le véritable intellectuel selon le professeur Memel Foté est habité par le souci d’argumenter. Les affirmations gratuites et les incantations stériles sont le signe d’une formidable déficience. Et les interviews de Monsieur Venance Konan ploient et choient sous le poids des affirmations gratuites. J’en citerai quelques-unes : « Au temps du président Houphouët…Tout n’était pas rose mais on était en liberté contrairement à ce que certains veulent faire croire aujourd’hui » La preuve qu’on était en liberté au temps d’Houphouet ? Rien. « On a accusé Bédié de tribalisme mais regardez autour de de M. Gbagbo. Dans l’armée, dans la police…C’est la tribu ». La preuve ? Silence.« On a vécu la guerre, et ça j’en suis désolé, Je l’impute au régime FPI ». La preuve ? Rien. À aucun moment, M.Venance Konan n’a essayé d’argumenter, d’en donner une seule preuve. La probité intellectuelle devait contraindre notre « Ebony » à démontrer de façon irréfutable en quoi le régime de Gbagbo est tribaliste, liberticide et responsable de cette guerre. Le sieur Konan a fait d’autres affirmations gratuites encore plus étourdissantes dans le N°01 du « spécial Dialogue » . Morceau choisi n°1 : « même dans l’armée légale, n’y a t-il pas des gens qui sont passés de capitaine à général ? Le général Mangou, on voit son parcours ! ». Mais quel est ce parcours ? Nous voulons le savoir. L’éminent analyste qu’est M. Konan devrait nous démontrer que, par exemple, Mangou était un simple « lakrou », un caporal couard qui est devenu pour la simple raison qu’il est l’ami de Gbagbo ou le neveu de Ehivet Simone et qu’il ne mérite en aucun cas son grade de général. Morceau choisi 2 : « Aujourd’hui on parle de dédommagement des victimes. On sait que des gens sont entrain de s’amuser avec l’argent destiné à cet effet…Quand on a dit qu’on a donné 100 milliards, il fallait être naïf pour croire que ça arriverait aux victimes. C’est de l’argent qu’on va se partager. Je connais des parents très proches qui font partie des victimes. Ils se sont inscrits sur les listes mais leurs noms ont disparu ». Ah la mauvaise foi ! une volonté tyrannique de salir ! Le Sieur Konan semble être hanté par les pratiques caduques du PDCI dont « le prince » a construit un château doté de robinets  en or et de plancher en pièces de 250 f . Preuve ? voir les archives de la télévision ivoirienne. Le sieur Konan a sûrement en tête le défunt sort qu’ont subi les 23 milliards de l’Union Européenne. M. Guikahuié n’a t-il pas été débarqué pour cette raison ? « Je serai sauvage avec celui qui tentera de détourner cet argent » a averti le président Gbagbo. Les temps ont changé ! Une enquête sérieuse menée auprès du ministère de l’économie et finances et des services du Trésor public aurait pu aider notre ami à comprendre le mécanisme par lequel les victimes sont dédommagées. C’est justement pour éviter de tels propos gratuits que le gouvernement a cru bon de publier la liste des victimes et de faire le point des indemnisations régulièrement par voie de presse. Il y a eu même un spécial Frat Mat consacré à ce sujet. Comment s’appelle ces « parents proches » de M. Venance Konan ? Sur quelle liste se sont-ils inscrits ? Répondent-ils aux critères des victimes de déchets toxiques ? Ont-ils réunis tous les documents afférant cette affaire ? Voici autant de question auxquelles un journaliste de la trempe de M. Konan devrait répondre avant de « cracher du feu» dans les journaux, lui « le leader d’opinion ». On ne s’improvise pas leader d’opinion. On le devient par la pertinence de ses analyses et points de vue, par ses prises de position honnêtes et courageuses, par ses critiques constructives, par le souci de convaincre. Et le minimum c’est d’argumenter.

II. LE TRIBALISME AU FPI

« On a accusé Bédié de tribalisme mais regardez autour de de M. Gbagbo. Dans l’armée, dans la police…C’est la tribu ». Affirmations gratuites ! Nous, nous affirmons que le régime de Bédié était effectivement tribaliste. La preuve ? La voilà : Bédié, le président de la république était akan, Emile Brou le président de l’assemblée nationale était akan, Kablan Duncan le Premier ministre était akan, Koffi Gadeau le grand chancelier était akan, Gnamien Konan le ministre des finances était akan, le ministre des affaires étrangères était akan etc. Voilà des preuves irréfutables et vérifiables. Qu’en est-il du régime FPI dès son accession au pouvoir ? Pour respecter le parallélisme des formes, nous citerons les mêmes postes que tantôt: le président de la république Gbagbo est bété, le président de l’Assemblée nationale Koulibaly est Sénoufo, le premier ministre Affi est agni, le grand chancelier Koné Ioussouf est dioula, le ministre des finances Bohoun Bouabré est bété, le ministre des affaires étrangères Aboudramane est dioula et baoulé etc. Comme on le voit, les dirigeants des institutions et les ministres de souveraineté du régime FPI ne sont pas tous krou. M. Venance Konan parle de l’armée. L’ex-chef d’état-major Mathias Doué est un guéré. L’actuel chef d’état-major Mangou est ébrié. Ce ne sont pas des affirmations gratuites, ce sont des contre-preuves qui font fondre  les accusations du sieur Konan. Le tribalisme pratiqué au sein du PDCI d’Houphouet et de Bédié fut tellement nuisible que M. Konan veut le retrouver à tout prix au FPI pour se donner bonne conscience. Oui !Le tribalisme est une stratégie de gouvernement pratiqué par le PDCI depuis toujours. Lisons ce qu’a écrit le politologue Joachim Kigbafory-Silué, qui n’est pas un dirigeant du FPI à propos du régime PDCI : « La gestion patrimoniale fut au centre de ce système de gouvernement et le tribalisme en fut également la pierre angulaire. Le groupe akan, notamment baoulé, en aura été l’animateur principal et le grand bénéficiaire. C’est à ce titre et malgré les dénégations indignes et honteuses de certains profiteurs … que la gestion de l’Etat fut, en grande partie, assurée par les Akan (baoulé) qui occupèrent les plus hautes responsabilités dans l’administration publique, les directions des grands services de l’Etat, des sociétés d’Etat ou d’économie mixte… » (in Côte d’Ivoire nation chrysalide). Sans commentaire ! Nous n’avons rien contre les baoulés. Pour votre gouverne, nous sommes, nous aussi, comme « l’émérite journaliste », akan : de père abidji et de mère baoulé.

III. LA LIBERTE SOUS LE FPI

Nous, nous affirmons que le régime du PDCI était liberticide contrairement au régime FPI. Les preuves ? A son temps, un journaliste ne pouvait ni écrire ni dire tout ce que le sieur Konan a écrit et dit sans être arrêté. Le président Dona Fologo qui a été ministre de l’information à l’époque l’a reconnu à maintes reprises. En toute sincérité, au temps d’Houphouët, un journaliste pouvait-il écrire dans fraternité matin le journal gouvernemental, librement, tous les articles fielleux que monsieur V. Konan a écrits sur le régime Gbagbo ? Cette interview orientée et injurieuse pouvait-elle être donnée sous le régime PDCI, impunément ? On se souvient encore des bastonnades subies par Aboudramane Sangaré qui a eu le malheur de laisser écrire que Bédié apporte la poisse aux équipes ivoiriennes, du procès intenté contre Hamed Bakayoko pour avoir écrit que Bédié est un nabot. Aujourd’hui, Venance Konan peut écrire en toute impunité que le régime de Gbagbo est « incompétent » « criminel » « nul ». Rien que des injures ! Ne peut-on donc pas haïr Gbagbo et reconnaître que c’est  sous son règne que la liberté de la presse a été consacrée ? Que le délit de presse a été dépénalisé ? Qu’aucun responsable syndical ne croupit en prison ? Qu’aucun opposant n’a été arrêté et jeté dans des geôles ? Qui ne se rappelle qu’à la veille du coup d’Etat de Guéi en 1999, sous le régime Bédié, des leaders de l’opposition croupissaient en prison ? Nous refusons de parler ici du nombre de fois que Gbagbo a été arrêté et jeté en prison, de l’emprisonnement de Laurent Akoun pour ses activités syndicales, d’Anaky Kobenan, de la persécution des Wodié, Zadi Zaourou et autres. Nous n’avons même pas envie de mettre le couteau dans les plaies des  guébiés, des agnis sanwi etc. Soyons sérieux ! Le régime d’Houphouet en tant que parti unique dans son essence même est la négation de la liberté.

A la question portant sur les risques du journalisme qu’il pratique, monsieur Venance Konan après avoir affirmé qu’il n’a jamais été menacé dans des pays dangereux comme le Libéria et la Sierra Léone , lance tout de go: « Curieusement c’est dans mon pays que j’ai le plus de problème » et plus loin « il fut un moment où j’étais sur la liste des escadrons de la mort ». Affirmation gratuite ! Simplement ahurissant ! Que veut dire « le journaliste émérite » si ce n’est qu’il est un martyr, un persécuté ? Fouillez dans votre mémoire lecteurs miens, souvenez-vous de ce que ce monsieur a été arrêté un jour pour ce qu’il a écrit ou dit? Nous sommes tous en CI quand même ! D’après lui, il a été contraint à déménager parce qu’il avait peur pour sa sécurité…Mais habite-il maintenant sur la planète Mars, à l’abri des escadrons de la mort ? Quelle est l’intention réelle du très grand journaliste si ce n’est de salir un régime qu’il déteste de toute son âme, de tout son esprit et de toute sa pensée ?

 III. LES CAUSES DE LA GUERRE

En accusant le FPI d’être à l’origine de la guerre à cause de « sa gestion calamiteuse » ( LE COURRIER D’ABIDJAN 15 mai 2006) non seulement il fait une affirmation gratuite mais pire, il démontre qu’il n’a rien compris dans cette guerre. A moins qu’il veuille faire preuve de mauvaise foi ! Tous les grands intellectuels de ce pays savent que c’est la France qui nous a imposé cette guerre pour nous faire payer l’outrecuidance de Gbagbo qui n’a pas voulu se plier aux règles de la Françafrique et s’agenouiller devant la pieuvre qu’est le néocolonianisme. Posez la question à de grands hommes de culture comme Charles Nokan, Bernard Zadi, Foté Memel, Bernard Dadié, Barthélemy Kotchi etc. ils te diront que c’est la France qui tire les ficelles en s’aidant bien sûr de ses ailiés internes. Bernard Dadié parlant de l’occident impérialiste écrit ceci« Arracher au faible sa bouchée de pain, l’asservir puis, sur les hécatombes, danser de joie, crier sa victoire. Voilà ce qu’on appelle la Civilisation , le Droit, la Liberté. A ceux qui acceptent l’état de fait, on donne tout. A ceux qui refusent la sujétion, parlent de droit, on donne l’exil, la prison, la mort ( in Climbié). Si vous avez compris ce qu’il veut dire (nous n’en doutons pas) vous avez compris la guerre de la CI , mais aussi du Congo, de l’Angola, du Rwanda et la plupart des guerres dans les pays du tiers-monde. Le programme de la réfondation, initié par le FPI, est aux antipodes de la politique néocolonialiste de la France. Ce programme hardi et révolutionnaire sonne le glas du pacte colonial auquel est soumis notre pays depuis 1958. La guerre en CI tire son origine du refus de Gbagbo de s’engager sur la voie qu’avait tracée Houphouet au seuil des années 50. Celle d’être au service de la France , d’être son pion sur l’échiquier africain et de s’enrichir et enrichir un réseau mafieux composé de nationaux et de non-nationaux.

III. LES SOLUTIONS POUR ALLER A LA PAIX

Pour aller à la paix, de nombreux actes ont été posés parmi lesquels l’amnistie. Sur ce point voici la position du « journaliste émérite »  : «. Une amnistie a été votée. Que vaut-elle au regard de la justice ? Pour aller à la paix, faut-il tirer un trait sur tous les crimes qui ont été commis ?  Quand celui qui a tué mon père, ma femme, mon fils…est absous comme ça, puis-je vraiment pardonner ? ». Évangile de l’intolérance et de la rancune  ! Au début de la crise nous avions tous raisonné ainsi. Mais au fil du temps, nous avons compris qu’il fallait pardonner, que la paix ne pouvait s’obtenir sans sacrifice. L’amnistie est la symbolique officielle du sacrifice que l’Etat fait pour que la paix revienne. Rien de grand ne s’obtient sans sacrifice. La Reine Pokou n’a t-il pas sacrifié son fils pour échapper à l’ennemi ? Jésus n’a t-il pas sacrifié sa vie pour permettre la réconciliation entre Dieu et l’humanité ? Gbagbo en donnant son accord pour l’amnistie a accepté de sacrifier son ami de lutte « Boga Doudou ». Oui ! La quête de la paix conduit souvent à accepter l’inacceptable. Le sieur Konan ne rend aucun service aux victimes mutilées et marquées de cette guerre en les exhortant à la haine et à la rancune, en leur prêchant la rancœur et le fiel ? Aucun pays n’a réussi à vaincre une crise sans pardon et amnistie. D’ailleurs, en totale contradiction avec lui-même, il dit plus loin :«  S’il faut donner quelques grades de généraux et de colonels pour avoir la paix, qu’est-ce que cela coûte à la Côte d’Ivoire ?…On perd quoi ? On a plus important que cela : la paix ». Alors que veut-il finalement, lui le héraut de la vendetta? On ne peut pas reprocher à l’état de CI de faire des sacrifices au nom de la paix et en même temps lui proposer une voie contraire. En réalité, « l’émérite journaliste » aurait accusé Gbagbo d’être insensible aux douleurs de ses compatriotes s’il avait très tôt accepté de céder aux ex-rebelles les grades par eux exigés ou refusé l’amnistie en leur faveur. Car la rhétorique sempiternelle du « grand reporteur » c’est d’accabler le président pour ce qu’il a cédé et proposer ce qu’il n’a pas encore cédé.

IV. LES TRAVAUX DE YAMOUSSOUKRO

            Les travaux herculéens que Koudou a initiés à Yamoussoukro fait enrager M. Venance Konan. Monsieur se rappelle t-il que la basilique de Yamoussoukro a été construite en pleine crise économique dans la région la plus animiste de la CI  ? Sait-il seulement que cette basilique n’est nullement une institution de l’état alors que les travaux de Gbagbo répondent aux besoins de notre pays de se doter de bâtiments dignes de son rang capables d’ abriter des institutions de la république ? La basilique de Yamoussoukro a été construite pour satisfaire le rêve chétif d’un nombriliste, celui de recevoir le prix Nobel de la paix, alors que les palais des députés et de la présidence rentrent dans le cadre de l’exécution d’un décret. En outre, si ces travaux ont été possibles c’est grâce au soutien financier d’un véritable pays ami, la Chine , quand bien même notre pays y a contribué financièrement. Sait-il seulement que le palais présidentiel du plateau n’a pas été construit par Houphouet mais par les Français ? La soif de souveraineté est un souci majeur d’un véritable chef d’état. C’est sûrement à ce souci que répondait le décret d’ Houphouet en faveur du transfert de la capitale à Yakro. M. Venance préfère-t-il donc que Koudou initie de grands travaux comme N’zuéba à Daoukro et Boigny à Yakro. Le combat de Gbagbo c’est d’abord la souveraineté, la liberté, la vraie. Car aucun développement n’est possible sans la liberté de disposer de ses ressources et de les faire bénéficier à son peuple. Dès que la liberté est acquise, le développement suit inéluctablement. Tous les pays développés se sont d’abord battus pour leur liberté. Et la quête de la liberté est douloureuse, harassante, âpre. Si aujourd’hui nos routes et hôpitaux sont dans un état lamentable, c’est d’abord parce que nous étions en guerre. Et le premier combat d’un pays en guerre c’est de faire front. C’est de dégager les moyens pour sauver l’essentiel. Il fallait donc s’occuper de l’armée en achetant des armes et en entretenant les soldats. Il fallait se battre sur le plan diplomatique pou imposer nos vues. Il fallait soutenir les populations déplacées. Il fallait préserver les institutions et les faire fonctionner. Voilà les priorités. Et tout cela coûte énormément cher… La CI dépense 500 milliards chaque année pour faire face à la guerre. De nombreuses personnes raisonnent comme si notre pays était en paix. Eh bien ! nous étions en guerre. Et ce n’est que la moitié du pays qui participe à renflouer les caisses de l’état depuis septembre 2002. N’oublions jamais que les ex-rebelles occupaient presque 60% du territoire ivoirien. M. Venance Konan a t-il une idée de ce que la CI en guerre perd en termes de recettes douanières et fiscales par an ? Nous sommes en guerre et « l’émérite journaliste » n’ignore pas qu’un pays en guerre est un pays handicapé, diminué, voire castré. Il ne faut pas  demander au gouvernement l’impossible. Le régime FPI a un programme de gouvernement que tout le monde connaît. N’eut été la guerre tout le pays serait en chantier grâce aux conseils généraux. Pour que les routes soient construites ou reconstruites et que les hôpitaux soient équipés, il nous fallait aller à la paix en faisant des sacrifices. Mais tel semble ne pas être le souhait du Sieur Konan qui n’approuve pas les accords de Ouagadoudougou.

IV. LES ACCORDS DE OUAGADOUGOU

Monsieur Venance Konan préfère les accords de Marcoussis (cf. Spécial DIALOGUE du 21 juillet). C’est normal, puisque ces accords ont été initiés et conçus par les Blancs, ils ne peuvent être que meilleurs. Puisque ces accords ont été signés sur le territoire de la race hellène, ils ne peuvent que de bons accords. La tare première du dialogue direct, selon les vues de « l’émérite journaliste », est que c’est un accord nègre signé par des Nègres sur un territoire nègre. Que peut-on tirer d’un accord de nègre ? Rien du tout. Et d’entendre « le citoyen intègre » prêcher avec une pointe de nostalgie pour le retour aux accords de Marcoussis qui appliqués avec bonne foi aurait « pu nous tirer d’affaire ». Mais ces accords ont échoué tout simplement parce qu’ils étaient inapplicables. M. Konan trouve t-il raisonnable qu’un président de la république ait à ses côtés un Premier ministre inamovible, contrairement aux dispositions constitutionnelles ? Les accords de Marcoussis sont une injure à l’intelligence ivoirienne et africaine. C’est le paroxysme du mépris que la France a pour les Ivoiriens.

V. LES PAYSANS, L’ECOLE, LE RACKET ETC ;

M. KONAN est offusqué également de ce que les refondateurs ont « confié la gestion du cacao à des analphabètes » (LE COURRIER D’ABIDJAN du 15 mai 2006). Ces analphabètes dont il parle ne sont personnes d’autres que nos braves paysans, n’est-ce pas ? Les refondateurs n’ont fait que rétablir la justice en confiant la gestion du café et du cacao à ses producteurs. Concernant leur analphabétisme qui explique son mépris à leur égard, il faut savoir que les structures comme la BCC , le FDPCC etc. ont à leur sein des ingénieurs, des comptables, des informaticiens…bref des experts chargés des questions techniques ! Quant à la vente du cacao au Ghana, « à quoi sont réduits les planteurs de cacao »(ibidem) par la faute de la réfondation selon le sieur KONAN, c’est un phénomène qui ne date pas du temps du régime actuel. Pour avoir fait la zone de l’Est de 1992 en 2005, nous pouvons affirmer que, selon le prix fixé au Ghana ou en CI, des Ghanéens et des Ivoiriens n’hésitaient pas à franchir la frontière dans les deux sens pour vendre leurs produits aux meilleurs prix. On ne peut donc pas imputer ce phénomène qui n’a jamais été aussi combattu que maintenant aux réfondateurs. Nous invitons « le grand reporteur » à mener une enquête à Abengourou, Agnibilekrou et Tanda, et on lui confirmera nos propos. « l’analyste politique» accuse une fois encore le régime actuel d’une autre et grosse faute par cette interrogation rhétorique : « qu’avez-vous fait de l’ENA ? Qu’avez-vous fait de la police et de la gendarmerie ? »(ibidem). Il fait certainement allusion au racket et à la corruption qui règnent dans ces secteurs. Un peu de sérieux tout de même…Est-ce à l’ère des réfondateurs que le racket a fait sa descente dans les habitudes de nos forces de l’ordre et des Ivoiriens? Sont-ce les réfondateurs qui ont imposé qu’on paye une certaine somme pour pouvoir entrer à la police et à la gendarmerie ? Est-ce au temps du FPI au pouvoir qu’un ministre de la sécurité a transformé de l’or en cuivre ? Nous sommes de ceux qui se plaignent chaque jour de la police et de la gendarmerie. Ce que M. Konan aurait pu reprocher aux refondateurs – et nous aurions été d’accord avec lui - c’est de n’avoir pas réussi à guérir nos forces de l’ordre du racket et de la corruption. La hausse du traitement salarial des policiers une tentative de résolution du problème du racket. Les gouvernants actuels, eux au moins, ont tenté de faire quelque chose, nous en voulons pour preuve tous les séminaires et forums qui ont été organisés pour lutter contre le racket. Mais une réalité qu’il ne faut pas feindre d’ignorer, c’est la guerre. Le sieur Konan fait preuve de peu d’objectivité quand il refuse d’admettre «  que tous ces secteurs sont dans cet état à cause de la guerre ». La guerre est une circonstance aggravante de tous les problèmes de tous les pays au monde. La guerre fait ressurgir le fond primitif d’un peuple et la bestialité des humains. Elle consacre la brutalité et la médiocrité. C’est l’antithèse de l’humanité, de la fraternité, de la sérénité. Savez-vous dans quel état de bestialité était arrivée l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam et dernièrement, de l’Irak ? Lui qui a réalisé des reportages au Liberia en guerre, il devait le savoir plus que n’importe qui. On ne peut donc pas juger un régime objectivement quand celui-ci subit une guerre. Qu’avait-il àl reprocher au FPI au pouvoir avant le déclenchement de la guerre ?

VI. NEGRERIES

« Nègreries » c’est tout ce que nous faisons nous-mêmes et qui nous tirent vers le bas » dit le nouvel académicien. Après « ivoirité » de M. Konan Bédié, M. Konan Venance nous offre « nègrerie ». Pas mal du tout ! Nous aimons bien son néologisme et la définition qu’il en donne. Pour lui montrer que nous avons bien assimilé le sens de ce joli mot. Nous allons lui en donner des exemples. Un intellectuel incapable d’argumenter, qui colporte les ragots et propos de casinos malfamés,  est digne de la « nègrerie » ; Un journaliste incapable de comprendre les véritables causes de la guerre de son pays et le rôle de la France dans cette crise est un produit fini de la « nègrerie ». C’est de la pure « nègrerie » que de se plaindre que la gestion de la filière cacao soit confiée aux producteurs eux-mêmes. C’est faire preuve de « nègrerie » que de croire que ce sont les accords de Marcoussis rédigés et imposés par les Blancs au mépris de notre constitution symbole de notre souveraineté qui auraient pu nous apporter la paix. C’est de la « pure nègrerie » que de dire ce qui suit :« Malheureusement pour elle( une journaliste qui a osé le critiquer), elle est dans un journal où l’on croit qu’on se fait un nom en pratiquant l’outrance, où l’on croit qu’insulter celui qui ne partage pas vos idées c’est être courageux. On lui a dit la-bàs que si elle tire sur …Venance Konan elle deviendra une héroïne ». Le manque de modestie est une « nègrerie ». En réalité le néologisme « nègrerie » traduit le négro-pessimisme du sieur Konan, et son incapacité à proposer une voie féconde pour la renaissance africaine. Ce mot cache mal les préjugés d’un complexé qui ne croit pas au génie nègre.

 Nous attendons de M. Konan qu’il demeure simplement un intellectuel. C’est à dire un homme qui se bat froidement sans haine ni rancœur, par ses idées, pour le triomphe de certaines valeurs comme la vérité, la dignité, la liberté. Mais le sentiment qu’il nous donne est qu’il est en transe parce que des Ivoiriens se sont dressés derrière leur président pour défendre leur liberté. Ce qui est aux antipodes de la mission assignée à l’Intellectuel. « Dès l’instant où l’intellectuel cesse d’être l’apôtre des valeurs humaines, morales et spirituelles les plus sacrées de la société, il devient un renégat » écrit Raoul ETONGUE Mayer, ( in Afin que l’Afrique aille mieux , NEI, 2001). Et la liberté est la plus sacrée des valeurs humaines.

N’DRI ETTY  M. 07 00 16 89


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