bongo ou le lynchage du dernier dinausaure
Posted by ettymacaire on mai 26th, 2009
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Bongo ou le lynchage du dernier dinosaure : Quelles leçons pour les dirigeants africains ?
Le Président gabonais traverse une vilaine période de turbulence qui risque de se terminer par une ignominieuse déchéance. Que le cancer intestinal dont il souffre le conduise au trépas (tel n’est pas notre souhait) ou non, le Timonier incontesté est au terme de son voyage de « gardien de la Françafrique ». Aujourd’hui, par la volonté de la France l’icône est brisé, le mythe est profané. On peut alors se permettre, en France comme en Afrique, de supputer sur l’origine du mal dont il souffre et qui lui a valu une hospitalisation urgente. Pour les uns, El Hadj Bongo souffrirait d’un simple choc émotionnel dû au décès précoce de sa jeune épouse. Pour les autres, sa maladie est consécutive aux poursuites judiciaires lancées par la justice française contre lui pour enrichissement illicite. Dans tous les cas, le respect presque divin que l’on vouait au chef d’Etat gabonais au pays de Charles De Gaule s’est effrité en quelques jours. Dans cette veine, le choix de Barcelone pour l’hospitalisation du Roi Bongo n’est pas hasardeux. Libreville doute désormais de l’amitié légendaire de Paris. Mais il y a pire pour le très médiatisé président gabonais : Ses enfants, convaincus du trépas du dernier dinosaure, se battent déjà pour sa succession. L’un de ses rejetons mâles, ministre de la défense, en prévision de l’irréversible, a sagement nommé aux postes stratégiques les hommes les plus loyaux de l’armée gabonaise. Il lui faut baliser le chemin pour ne pas se laisser surprendre par des « aventuriers » tapis dans l’ombre ». Les successions monarchiques au Togo et au Congo-Kinshasa, comme on le voit, sont entrain de faire école. L’un des indicateurs de l’imminence de « la chute » de l’héritier d’Houphouët-Boigny au cœur de la Françafrique est l’harcèlement juridique et le lynchage médiatique que lui font brusquement et bruyamment ses amis les Gaulois pour enrichissement illicite. Curieux et révoltant tout de même ! Qui ne sait depuis les temps glorieux du Parti Unique triomphant que des chefs d’état africains (De Bokassa à Bongo en passant par Houphouët-Boigny, Mobutu, Amin Dada, Sassou N’Guesso, Eyadéma, Paul Bia… ) ont érigé des châteaux insolents en France, en Suisse et que sais-je encore ? Aujourd’hui, comme piquée par une méchante fourmi, la justice française se réveille et découvre brusquement que « le beau-fils» du Président Sassou Nguesso n’est personne d’autre qu’un voleur doublé d’un mégalomane. Quelle outrecuidance ! Qui aurait osé il y a seulement quelques mois ? Que s’est-il passé pour que le chouchou de la France , le sage contre qui il ne faut se heurter, le doyen des chefs d’état africains, le parrain discret des rébellions et autres coups tordus en Afrique, devienne tout d’un coup une persona grata ? En attendant de revenir sur la question à d’autres occasions, nous voudrions ici inviter les politiques africains à en tirer les leçons. La justice française prouve, par sa détermination et son acharnement méprisant, que la France n’a plus besoin d’Oumar Bongo. Après la polyphonie heureuse de l’amour, la cacophonie exécrable du désamour. Ainsi se terminent toutes les histoires d’amour avec le Coq Gaulois. Le citron sucé jusqu’à la dernière goutte, il ne reste qu’à jeter l’écorce pour se tourner vers un autre citron plus frais et plus juteux. Bongo et les Gabonais sont entrain de découvrir, à leurs dépens, que la France n’a pas d’amis, surtout en Afrique. Certains nègres ont été, à des moments précis de l’histoire, mis en évidence, élevés, loués pour des besoins précis du Maitre. L’intérêt supérieur de la Grande France Blanche commande que certains africains soient utilisés, manipulés, exploités et abandonnés. Oumar Bongo a toujours été un instrument aux mains de la France comme le furent Hassan II et Houphouët-Boigny. Le Gabon et la CI , en Afrique noire francophone, ont été pendant des décennies des laboratoires d’expérimentation de la politique étrangère française. La France a fait de ces deux Etats les vitrines reluisantes et stratégiques pour séduire et attiser les regrets des chefs d’état indociles comme Sékou Touré. La prospérité et la stabilité de ces Etats, en réalité, n’ont été possibles que par la seule volonté du Coq Gaulois. Elles ne relèvent aucunement du génie politico-économique de nos Pères de la Nation. Il fallait, par cette assistance calculée et paternaliste, persuader les Africains que la sagesse qui mène au progrès (mesuré !) consiste à se mettre économiquement, financièrement et militairement à la disposition de la France. Et c’est cette sagesse « tropicalisée » adoptée par Houphouët-Boigny et Oumar Bongo qui a valu leur longévité au pouvoir et leur influence sur le continent noir. Il aurait suffit à Laurent Gbagbo de devenir lui aussi un «béni-oui-oui », un sous-préfet de la France dès son accession au pouvoir pour mener à bien et sereinement son mandat. Pour que la Licorne retourne son glaive contre Soro et ses guérilleros. Oui ! il aurait suffit que Laurent Gbagbo « s’assagisse » conformément à la vision de l’Etat Gaulois pour être propulsé au rang d’un président démocrate et chanté par la presse française. Mais il a refusé de jouer ce rôle avilissant, de « descendre la culotte devant le Maître ». Parce qu’en tant qu’historien, il avait, de bonne heure, compris la nécessité pour l’Afrique de conquérir sa dignité au prix de mille douleurs. Ce choix bien que courageux, nous le reconnaissons, est extrêmement pénible, extraordinairement risqué voire mortel. Le chemin est âpre, rugueux mais c’est Le Chemin. La Chine , la Corée , le Vietnam et l’Inde l’avaient très tôt compris. Aujourd’hui ces pays ont émergé de la brume tiers-mondialiste. Tous les pays occidentaux, malgré certaines divergences se retrouvent toujours autour d’une vérité : le tiers monde et notamment n’existe que pour servir leurs intérêts. L’Amérique a utilisé Kadhafi, Ben Laden, Saddam Hussein pour contrer l’avancée du communisme. Mais ces hommes ont été par la suite les pires ennemis de l’Amérique. Seuls ne comptent pour les Maitres du monde que les intérêts et l’hégémonie de la civilisation hellénique et judéo-chrétienne. C’est pour cette raison que l’occident s’est battu de toutes ses forces pour terrasser le communisme. Et c’est encore pour cette raison que l’occident est en guerre contre la civilisation islamo-arabe. Par la puissance démultipliée de leurs médias, l’occident a brillamment réussi à entrainer les Africains dans la campagne de diabolisation des états islamistes. Gaza, Iran, Irak, Pakistan …autant de noms dont la seule évocation évoque chez nous les Ivoiriens répulsion et horreur. Mais nous sommes-nous une fois interrogé l’origine de leur extrémisme vis-à-vis de l’Occident et surtout l’Amérique ? Malgré les nombreux éclairages de l’histoire, il y a encore des intellectuels africains qui croient que la visite d’un président français dans un pays africain est une marque de légitimité et une bénédiction. Dernièrement un journal de la place barrait fièrement sa Une par quelque chose comme « Sarkozy ne viendra pas en CI tant que Gbagbo est là ». Et dire qu’ils font partie de ceux que l’on appelle pompeusement les intellectuels de notre pays ! Il est temps que les Africains se réveillent et s’unissent pour sauver le continent des griffes des prédateurs. Ils doivent prendre en main leur destin en refusant les courbettes humiliantes, la manipulation outrageuse et la division infantilisante. Le traitement abject fait à Bongo (il n’a jamais été notre idole) doit ouvrir nos yeux et nous faire comprendre que la France n’a pas de préféré ou de chouchou. Elle n’a d’yeux que pour celui qui peut servilement le servir au détriment de son peuple. Ces hommes-là existent en CI. Ces hommes prêts à devenir de nouveaux Bongo pour la gloire de la grande France. Le peuple ivoirien qui a muri les connait et n’acceptera jamais de leur confier le destin de notre cher pays. Que le Très-Haut guérisse Papa Bongo pour que sonne pour lui l’heure de « la nouvelle naissance » ! Et qu’il rejoigne le camp des leaders de l’Afrique digne, le camp de ceux qui poursuivent le combat épique initié par Samory Touré, Lumumba, N’Krumah, Mandela… N. ETTY Macaire Professeur de lettres 07001689 |
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