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LE BLOG D’ETTY Macaire

le blog de la réflexion et de l’analyse

DES REPONSES A VENANCE KONAN

Posted by ettymacaire on mai 29th, 2009

DES REPONSES A VENANCE KONAN !

Depuis quelques temps, Venance Konan, « citoyen intègre » (sic), en transe, accorde avec jactance et véhémence une série d’interviews manifestement dirigées contre le pouvoir FPI (cf.  DIALOGUE  N°017 du mercredi 02 mai 2007  et Spécial DIALOGUE N°01 du samedi 21 juillet 2007). INTERVIEW-VERITE : VENANCE KONAN DESHABILLE LE REGIME FPI ou VENANCE KONAN DEMONTE LE REGIME FPI ou encore VENANCE KONAN CRACHE DU FEU tels sont les titres ronflants à la Une de ce quotidien, véritable recueil de « coquilles » (voir le N°017). Que reproche le sieur Konan à ce régime ? Telle est l’implacable question qui nous a donné faim à lire ces fameuses interviews. Le Sieur Konan, présenté par ce quotidien comme un « leader d’opinion » doublé d’un « analyste des questions politiques », reproche au FPI d’être un parti tribaliste, dictatorial, incompétent et liberticide. Nous tenterons dans ce « papier » de passer à l’épreuve des faits les griefs de « l’éminent journaliste ». Mais avant tout, une question : M. Venance Konan mérite-il le statut de leader d’opinion ou d’analyste politique ?

I. M. VENANCE KONAN : UN LEADER D’OPINION?

 M. Venance Konan évoque dans la mémoire collective les grands reportages sur les pays en guerre comme le Libéria et la Sierra Léone. Cela lui a valu de remporter le prix « Ebony ». De ce fait, il peut objectivement se targuer d’être « un éminent journaliste ». Ainsi, en lisant ces interviews, nous nous attendions légitimement d’une part à une analyse pointue de l’actualité, fondée sur des arguments solides, des preuves irréfutables et d’autre part à des critiques constructives d’autant plus que l’invité était un « analyste des questions d’actualité », doublé d’un « journaliste émérite » selon les propos dithyrambiques du journal… que nenni ! Nous avions eu plutôt droit à un ramassis d’affirmations gratuites et d’accusations arbitraires, à des propos dénués d’élégance et de civilités. Que nous étions loin des plumes des analystes politiques que sont Diégou Bailly, James Cenach, Sery Bailly, Jean Baptiste Akrou et Gnamien Yao ! Des plumes soucieuses de prouver pour convaincre. Que nous étions loin, très loin des articles des animateurs du défunt « Notre Temps » qui ont porté à son apogée le journalisme d’analyse et d’investigation dans notre pays! Si on peut pardonner au Sieur Konan son inaptitude à manier l’euphémisme et la litote (c’est de l’art), on ne peut cependant comprendre que « le journaliste émérite » qu’il est, ne puisse pas élever le niveau du débat, en argumentant simplement. Car le véritable intellectuel selon le professeur Memel Foté est habité par le souci d’argumenter. Les affirmations gratuites et les incantations stériles sont le signe d’une formidable déficience. Et les interviews de Monsieur Venance Konan ploient et choient sous le poids des affirmations gratuites. J’en citerai quelques-unes : « Au temps du président Houphouët…Tout n’était pas rose mais on était en liberté contrairement à ce que certains veulent faire croire aujourd’hui » La preuve qu’on était en liberté au temps d’Houphouet ? Rien. « On a accusé Bédié de tribalisme mais regardez autour de de M. Gbagbo. Dans l’armée, dans la police…C’est la tribu ». La preuve ? Silence.« On a vécu la guerre, et ça j’en suis désolé, Je l’impute au régime FPI ». La preuve ? Rien. À aucun moment, M.Venance Konan n’a essayé d’argumenter, d’en donner une seule preuve. La probité intellectuelle devait contraindre notre « Ebony » à démontrer de façon irréfutable en quoi le régime de Gbagbo est tribaliste, liberticide et responsable de cette guerre. Le sieur Konan a fait d’autres affirmations gratuites encore plus étourdissantes dans le N°01 du « spécial Dialogue » . Morceau choisi n°1 : « même dans l’armée légale, n’y a t-il pas des gens qui sont passés de capitaine à général ? Le général Mangou, on voit son parcours ! ». Mais quel est ce parcours ? Nous voulons le savoir. L’éminent analyste qu’est M. Konan devrait nous démontrer que, par exemple, Mangou était un simple « lakrou », un caporal couard qui est devenu pour la simple raison qu’il est l’ami de Gbagbo ou le neveu de Ehivet Simone et qu’il ne mérite en aucun cas son grade de général. Morceau choisi 2 : « Aujourd’hui on parle de dédommagement des victimes. On sait que des gens sont entrain de s’amuser avec l’argent destiné à cet effet…Quand on a dit qu’on a donné 100 milliards, il fallait être naïf pour croire que ça arriverait aux victimes. C’est de l’argent qu’on va se partager. Je connais des parents très proches qui font partie des victimes. Ils se sont inscrits sur les listes mais leurs noms ont disparu ». Ah la mauvaise foi ! une volonté tyrannique de salir ! Le Sieur Konan semble être hanté par les pratiques caduques du PDCI dont « le prince » a construit un château doté de robinets  en or et de plancher en pièces de 250 f . Preuve ? voir les archives de la télévision ivoirienne. Le sieur Konan a sûrement en tête le défunt sort qu’ont subi les 23 milliards de l’Union Européenne. M. Guikahuié n’a t-il pas été débarqué pour cette raison ? « Je serai sauvage avec celui qui tentera de détourner cet argent » a averti le président Gbagbo. Les temps ont changé ! Une enquête sérieuse menée auprès du ministère de l’économie et finances et des services du Trésor public aurait pu aider notre ami à comprendre le mécanisme par lequel les victimes sont dédommagées. C’est justement pour éviter de tels propos gratuits que le gouvernement a cru bon de publier la liste des victimes et de faire le point des indemnisations régulièrement par voie de presse. Il y a eu même un spécial Frat Mat consacré à ce sujet. Comment s’appelle ces « parents proches » de M. Venance Konan ? Sur quelle liste se sont-ils inscrits ? Répondent-ils aux critères des victimes de déchets toxiques ? Ont-ils réunis tous les documents afférant cette affaire ? Voici autant de question auxquelles un journaliste de la trempe de M. Konan devrait répondre avant de « cracher du feu» dans les journaux, lui « le leader d’opinion ». On ne s’improvise pas leader d’opinion. On le devient par la pertinence de ses analyses et points de vue, par ses prises de position honnêtes et courageuses, par ses critiques constructives, par le souci de convaincre. Et le minimum c’est d’argumenter.

II. LE TRIBALISME AU FPI

« On a accusé Bédié de tribalisme mais regardez autour de de M. Gbagbo. Dans l’armée, dans la police…C’est la tribu ». Affirmations gratuites ! Nous, nous affirmons que le régime de Bédié était effectivement tribaliste. La preuve ? La voilà : Bédié, le président de la république était akan, Emile Brou le président de l’assemblée nationale était akan, Kablan Duncan le Premier ministre était akan, Koffi Gadeau le grand chancelier était akan, Gnamien Konan le ministre des finances était akan, le ministre des affaires étrangères était akan etc. Voilà des preuves irréfutables et vérifiables. Qu’en est-il du régime FPI dès son accession au pouvoir ? Pour respecter le parallélisme des formes, nous citerons les mêmes postes que tantôt: le président de la république Gbagbo est bété, le président de l’Assemblée nationale Koulibaly est Sénoufo, le premier ministre Affi est agni, le grand chancelier Koné Ioussouf est dioula, le ministre des finances Bohoun Bouabré est bété, le ministre des affaires étrangères Aboudramane est dioula et baoulé etc. Comme on le voit, les dirigeants des institutions et les ministres de souveraineté du régime FPI ne sont pas tous krou. M. Venance Konan parle de l’armée. L’ex-chef d’état-major Mathias Doué est un guéré. L’actuel chef d’état-major Mangou est ébrié. Ce ne sont pas des affirmations gratuites, ce sont des contre-preuves qui font fondre  les accusations du sieur Konan. Le tribalisme pratiqué au sein du PDCI d’Houphouet et de Bédié fut tellement nuisible que M. Konan veut le retrouver à tout prix au FPI pour se donner bonne conscience. Oui !Le tribalisme est une stratégie de gouvernement pratiqué par le PDCI depuis toujours. Lisons ce qu’a écrit le politologue Joachim Kigbafory-Silué, qui n’est pas un dirigeant du FPI à propos du régime PDCI : « La gestion patrimoniale fut au centre de ce système de gouvernement et le tribalisme en fut également la pierre angulaire. Le groupe akan, notamment baoulé, en aura été l’animateur principal et le grand bénéficiaire. C’est à ce titre et malgré les dénégations indignes et honteuses de certains profiteurs … que la gestion de l’Etat fut, en grande partie, assurée par les Akan (baoulé) qui occupèrent les plus hautes responsabilités dans l’administration publique, les directions des grands services de l’Etat, des sociétés d’Etat ou d’économie mixte… » (in Côte d’Ivoire nation chrysalide). Sans commentaire ! Nous n’avons rien contre les baoulés. Pour votre gouverne, nous sommes, nous aussi, comme « l’émérite journaliste », akan : de père abidji et de mère baoulé.

III. LA LIBERTE SOUS LE FPI

Nous, nous affirmons que le régime du PDCI était liberticide contrairement au régime FPI. Les preuves ? A son temps, un journaliste ne pouvait ni écrire ni dire tout ce que le sieur Konan a écrit et dit sans être arrêté. Le président Dona Fologo qui a été ministre de l’information à l’époque l’a reconnu à maintes reprises. En toute sincérité, au temps d’Houphouët, un journaliste pouvait-il écrire dans fraternité matin le journal gouvernemental, librement, tous les articles fielleux que monsieur V. Konan a écrits sur le régime Gbagbo ? Cette interview orientée et injurieuse pouvait-elle être donnée sous le régime PDCI, impunément ? On se souvient encore des bastonnades subies par Aboudramane Sangaré qui a eu le malheur de laisser écrire que Bédié apporte la poisse aux équipes ivoiriennes, du procès intenté contre Hamed Bakayoko pour avoir écrit que Bédié est un nabot. Aujourd’hui, Venance Konan peut écrire en toute impunité que le régime de Gbagbo est « incompétent » « criminel » « nul ». Rien que des injures ! Ne peut-on donc pas haïr Gbagbo et reconnaître que c’est  sous son règne que la liberté de la presse a été consacrée ? Que le délit de presse a été dépénalisé ? Qu’aucun responsable syndical ne croupit en prison ? Qu’aucun opposant n’a été arrêté et jeté dans des geôles ? Qui ne se rappelle qu’à la veille du coup d’Etat de Guéi en 1999, sous le régime Bédié, des leaders de l’opposition croupissaient en prison ? Nous refusons de parler ici du nombre de fois que Gbagbo a été arrêté et jeté en prison, de l’emprisonnement de Laurent Akoun pour ses activités syndicales, d’Anaky Kobenan, de la persécution des Wodié, Zadi Zaourou et autres. Nous n’avons même pas envie de mettre le couteau dans les plaies des  guébiés, des agnis sanwi etc. Soyons sérieux ! Le régime d’Houphouet en tant que parti unique dans son essence même est la négation de la liberté.

A la question portant sur les risques du journalisme qu’il pratique, monsieur Venance Konan après avoir affirmé qu’il n’a jamais été menacé dans des pays dangereux comme le Libéria et la Sierra Léone , lance tout de go: « Curieusement c’est dans mon pays que j’ai le plus de problème » et plus loin « il fut un moment où j’étais sur la liste des escadrons de la mort ». Affirmation gratuite ! Simplement ahurissant ! Que veut dire « le journaliste émérite » si ce n’est qu’il est un martyr, un persécuté ? Fouillez dans votre mémoire lecteurs miens, souvenez-vous de ce que ce monsieur a été arrêté un jour pour ce qu’il a écrit ou dit? Nous sommes tous en CI quand même ! D’après lui, il a été contraint à déménager parce qu’il avait peur pour sa sécurité…Mais habite-il maintenant sur la planète Mars, à l’abri des escadrons de la mort ? Quelle est l’intention réelle du très grand journaliste si ce n’est de salir un régime qu’il déteste de toute son âme, de tout son esprit et de toute sa pensée ?

 III. LES CAUSES DE LA GUERRE

En accusant le FPI d’être à l’origine de la guerre à cause de « sa gestion calamiteuse » ( LE COURRIER D’ABIDJAN 15 mai 2006) non seulement il fait une affirmation gratuite mais pire, il démontre qu’il n’a rien compris dans cette guerre. A moins qu’il veuille faire preuve de mauvaise foi ! Tous les grands intellectuels de ce pays savent que c’est la France qui nous a imposé cette guerre pour nous faire payer l’outrecuidance de Gbagbo qui n’a pas voulu se plier aux règles de la Françafrique et s’agenouiller devant la pieuvre qu’est le néocolonianisme. Posez la question à de grands hommes de culture comme Charles Nokan, Bernard Zadi, Foté Memel, Bernard Dadié, Barthélemy Kotchi etc. ils te diront que c’est la France qui tire les ficelles en s’aidant bien sûr de ses ailiés internes. Bernard Dadié parlant de l’occident impérialiste écrit ceci« Arracher au faible sa bouchée de pain, l’asservir puis, sur les hécatombes, danser de joie, crier sa victoire. Voilà ce qu’on appelle la Civilisation , le Droit, la Liberté. A ceux qui acceptent l’état de fait, on donne tout. A ceux qui refusent la sujétion, parlent de droit, on donne l’exil, la prison, la mort ( in Climbié). Si vous avez compris ce qu’il veut dire (nous n’en doutons pas) vous avez compris la guerre de la CI , mais aussi du Congo, de l’Angola, du Rwanda et la plupart des guerres dans les pays du tiers-monde. Le programme de la réfondation, initié par le FPI, est aux antipodes de la politique néocolonialiste de la France. Ce programme hardi et révolutionnaire sonne le glas du pacte colonial auquel est soumis notre pays depuis 1958. La guerre en CI tire son origine du refus de Gbagbo de s’engager sur la voie qu’avait tracée Houphouet au seuil des années 50. Celle d’être au service de la France , d’être son pion sur l’échiquier africain et de s’enrichir et enrichir un réseau mafieux composé de nationaux et de non-nationaux.

III. LES SOLUTIONS POUR ALLER A LA PAIX

Pour aller à la paix, de nombreux actes ont été posés parmi lesquels l’amnistie. Sur ce point voici la position du « journaliste émérite »  : «. Une amnistie a été votée. Que vaut-elle au regard de la justice ? Pour aller à la paix, faut-il tirer un trait sur tous les crimes qui ont été commis ?  Quand celui qui a tué mon père, ma femme, mon fils…est absous comme ça, puis-je vraiment pardonner ? ». Évangile de l’intolérance et de la rancune  ! Au début de la crise nous avions tous raisonné ainsi. Mais au fil du temps, nous avons compris qu’il fallait pardonner, que la paix ne pouvait s’obtenir sans sacrifice. L’amnistie est la symbolique officielle du sacrifice que l’Etat fait pour que la paix revienne. Rien de grand ne s’obtient sans sacrifice. La Reine Pokou n’a t-il pas sacrifié son fils pour échapper à l’ennemi ? Jésus n’a t-il pas sacrifié sa vie pour permettre la réconciliation entre Dieu et l’humanité ? Gbagbo en donnant son accord pour l’amnistie a accepté de sacrifier son ami de lutte « Boga Doudou ». Oui ! La quête de la paix conduit souvent à accepter l’inacceptable. Le sieur Konan ne rend aucun service aux victimes mutilées et marquées de cette guerre en les exhortant à la haine et à la rancune, en leur prêchant la rancœur et le fiel ? Aucun pays n’a réussi à vaincre une crise sans pardon et amnistie. D’ailleurs, en totale contradiction avec lui-même, il dit plus loin :«  S’il faut donner quelques grades de généraux et de colonels pour avoir la paix, qu’est-ce que cela coûte à la Côte d’Ivoire ?…On perd quoi ? On a plus important que cela : la paix ». Alors que veut-il finalement, lui le héraut de la vendetta? On ne peut pas reprocher à l’état de CI de faire des sacrifices au nom de la paix et en même temps lui proposer une voie contraire. En réalité, « l’émérite journaliste » aurait accusé Gbagbo d’être insensible aux douleurs de ses compatriotes s’il avait très tôt accepté de céder aux ex-rebelles les grades par eux exigés ou refusé l’amnistie en leur faveur. Car la rhétorique sempiternelle du « grand reporteur » c’est d’accabler le président pour ce qu’il a cédé et proposer ce qu’il n’a pas encore cédé.

IV. LES TRAVAUX DE YAMOUSSOUKRO

            Les travaux herculéens que Koudou a initiés à Yamoussoukro fait enrager M. Venance Konan. Monsieur se rappelle t-il que la basilique de Yamoussoukro a été construite en pleine crise économique dans la région la plus animiste de la CI  ? Sait-il seulement que cette basilique n’est nullement une institution de l’état alors que les travaux de Gbagbo répondent aux besoins de notre pays de se doter de bâtiments dignes de son rang capables d’ abriter des institutions de la république ? La basilique de Yamoussoukro a été construite pour satisfaire le rêve chétif d’un nombriliste, celui de recevoir le prix Nobel de la paix, alors que les palais des députés et de la présidence rentrent dans le cadre de l’exécution d’un décret. En outre, si ces travaux ont été possibles c’est grâce au soutien financier d’un véritable pays ami, la Chine , quand bien même notre pays y a contribué financièrement. Sait-il seulement que le palais présidentiel du plateau n’a pas été construit par Houphouet mais par les Français ? La soif de souveraineté est un souci majeur d’un véritable chef d’état. C’est sûrement à ce souci que répondait le décret d’ Houphouet en faveur du transfert de la capitale à Yakro. M. Venance préfère-t-il donc que Koudou initie de grands travaux comme N’zuéba à Daoukro et Boigny à Yakro. Le combat de Gbagbo c’est d’abord la souveraineté, la liberté, la vraie. Car aucun développement n’est possible sans la liberté de disposer de ses ressources et de les faire bénéficier à son peuple. Dès que la liberté est acquise, le développement suit inéluctablement. Tous les pays développés se sont d’abord battus pour leur liberté. Et la quête de la liberté est douloureuse, harassante, âpre. Si aujourd’hui nos routes et hôpitaux sont dans un état lamentable, c’est d’abord parce que nous étions en guerre. Et le premier combat d’un pays en guerre c’est de faire front. C’est de dégager les moyens pour sauver l’essentiel. Il fallait donc s’occuper de l’armée en achetant des armes et en entretenant les soldats. Il fallait se battre sur le plan diplomatique pou imposer nos vues. Il fallait soutenir les populations déplacées. Il fallait préserver les institutions et les faire fonctionner. Voilà les priorités. Et tout cela coûte énormément cher… La CI dépense 500 milliards chaque année pour faire face à la guerre. De nombreuses personnes raisonnent comme si notre pays était en paix. Eh bien ! nous étions en guerre. Et ce n’est que la moitié du pays qui participe à renflouer les caisses de l’état depuis septembre 2002. N’oublions jamais que les ex-rebelles occupaient presque 60% du territoire ivoirien. M. Venance Konan a t-il une idée de ce que la CI en guerre perd en termes de recettes douanières et fiscales par an ? Nous sommes en guerre et « l’émérite journaliste » n’ignore pas qu’un pays en guerre est un pays handicapé, diminué, voire castré. Il ne faut pas  demander au gouvernement l’impossible. Le régime FPI a un programme de gouvernement que tout le monde connaît. N’eut été la guerre tout le pays serait en chantier grâce aux conseils généraux. Pour que les routes soient construites ou reconstruites et que les hôpitaux soient équipés, il nous fallait aller à la paix en faisant des sacrifices. Mais tel semble ne pas être le souhait du Sieur Konan qui n’approuve pas les accords de Ouagadoudougou.

IV. LES ACCORDS DE OUAGADOUGOU

Monsieur Venance Konan préfère les accords de Marcoussis (cf. Spécial DIALOGUE du 21 juillet). C’est normal, puisque ces accords ont été initiés et conçus par les Blancs, ils ne peuvent être que meilleurs. Puisque ces accords ont été signés sur le territoire de la race hellène, ils ne peuvent que de bons accords. La tare première du dialogue direct, selon les vues de « l’émérite journaliste », est que c’est un accord nègre signé par des Nègres sur un territoire nègre. Que peut-on tirer d’un accord de nègre ? Rien du tout. Et d’entendre « le citoyen intègre » prêcher avec une pointe de nostalgie pour le retour aux accords de Marcoussis qui appliqués avec bonne foi aurait « pu nous tirer d’affaire ». Mais ces accords ont échoué tout simplement parce qu’ils étaient inapplicables. M. Konan trouve t-il raisonnable qu’un président de la république ait à ses côtés un Premier ministre inamovible, contrairement aux dispositions constitutionnelles ? Les accords de Marcoussis sont une injure à l’intelligence ivoirienne et africaine. C’est le paroxysme du mépris que la France a pour les Ivoiriens.

V. LES PAYSANS, L’ECOLE, LE RACKET ETC ;

M. KONAN est offusqué également de ce que les refondateurs ont « confié la gestion du cacao à des analphabètes » (LE COURRIER D’ABIDJAN du 15 mai 2006). Ces analphabètes dont il parle ne sont personnes d’autres que nos braves paysans, n’est-ce pas ? Les refondateurs n’ont fait que rétablir la justice en confiant la gestion du café et du cacao à ses producteurs. Concernant leur analphabétisme qui explique son mépris à leur égard, il faut savoir que les structures comme la BCC , le FDPCC etc. ont à leur sein des ingénieurs, des comptables, des informaticiens…bref des experts chargés des questions techniques ! Quant à la vente du cacao au Ghana, « à quoi sont réduits les planteurs de cacao »(ibidem) par la faute de la réfondation selon le sieur KONAN, c’est un phénomène qui ne date pas du temps du régime actuel. Pour avoir fait la zone de l’Est de 1992 en 2005, nous pouvons affirmer que, selon le prix fixé au Ghana ou en CI, des Ghanéens et des Ivoiriens n’hésitaient pas à franchir la frontière dans les deux sens pour vendre leurs produits aux meilleurs prix. On ne peut donc pas imputer ce phénomène qui n’a jamais été aussi combattu que maintenant aux réfondateurs. Nous invitons « le grand reporteur » à mener une enquête à Abengourou, Agnibilekrou et Tanda, et on lui confirmera nos propos. « l’analyste politique» accuse une fois encore le régime actuel d’une autre et grosse faute par cette interrogation rhétorique : « qu’avez-vous fait de l’ENA ? Qu’avez-vous fait de la police et de la gendarmerie ? »(ibidem). Il fait certainement allusion au racket et à la corruption qui règnent dans ces secteurs. Un peu de sérieux tout de même…Est-ce à l’ère des réfondateurs que le racket a fait sa descente dans les habitudes de nos forces de l’ordre et des Ivoiriens? Sont-ce les réfondateurs qui ont imposé qu’on paye une certaine somme pour pouvoir entrer à la police et à la gendarmerie ? Est-ce au temps du FPI au pouvoir qu’un ministre de la sécurité a transformé de l’or en cuivre ? Nous sommes de ceux qui se plaignent chaque jour de la police et de la gendarmerie. Ce que M. Konan aurait pu reprocher aux refondateurs – et nous aurions été d’accord avec lui - c’est de n’avoir pas réussi à guérir nos forces de l’ordre du racket et de la corruption. La hausse du traitement salarial des policiers une tentative de résolution du problème du racket. Les gouvernants actuels, eux au moins, ont tenté de faire quelque chose, nous en voulons pour preuve tous les séminaires et forums qui ont été organisés pour lutter contre le racket. Mais une réalité qu’il ne faut pas feindre d’ignorer, c’est la guerre. Le sieur Konan fait preuve de peu d’objectivité quand il refuse d’admettre «  que tous ces secteurs sont dans cet état à cause de la guerre ». La guerre est une circonstance aggravante de tous les problèmes de tous les pays au monde. La guerre fait ressurgir le fond primitif d’un peuple et la bestialité des humains. Elle consacre la brutalité et la médiocrité. C’est l’antithèse de l’humanité, de la fraternité, de la sérénité. Savez-vous dans quel état de bestialité était arrivée l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam et dernièrement, de l’Irak ? Lui qui a réalisé des reportages au Liberia en guerre, il devait le savoir plus que n’importe qui. On ne peut donc pas juger un régime objectivement quand celui-ci subit une guerre. Qu’avait-il àl reprocher au FPI au pouvoir avant le déclenchement de la guerre ?

VI. NEGRERIES

« Nègreries » c’est tout ce que nous faisons nous-mêmes et qui nous tirent vers le bas » dit le nouvel académicien. Après « ivoirité » de M. Konan Bédié, M. Konan Venance nous offre « nègrerie ». Pas mal du tout ! Nous aimons bien son néologisme et la définition qu’il en donne. Pour lui montrer que nous avons bien assimilé le sens de ce joli mot. Nous allons lui en donner des exemples. Un intellectuel incapable d’argumenter, qui colporte les ragots et propos de casinos malfamés,  est digne de la « nègrerie » ; Un journaliste incapable de comprendre les véritables causes de la guerre de son pays et le rôle de la France dans cette crise est un produit fini de la « nègrerie ». C’est de la pure « nègrerie » que de se plaindre que la gestion de la filière cacao soit confiée aux producteurs eux-mêmes. C’est faire preuve de « nègrerie » que de croire que ce sont les accords de Marcoussis rédigés et imposés par les Blancs au mépris de notre constitution symbole de notre souveraineté qui auraient pu nous apporter la paix. C’est de la « pure nègrerie » que de dire ce qui suit :« Malheureusement pour elle( une journaliste qui a osé le critiquer), elle est dans un journal où l’on croit qu’on se fait un nom en pratiquant l’outrance, où l’on croit qu’insulter celui qui ne partage pas vos idées c’est être courageux. On lui a dit la-bàs que si elle tire sur …Venance Konan elle deviendra une héroïne ». Le manque de modestie est une « nègrerie ». En réalité le néologisme « nègrerie » traduit le négro-pessimisme du sieur Konan, et son incapacité à proposer une voie féconde pour la renaissance africaine. Ce mot cache mal les préjugés d’un complexé qui ne croit pas au génie nègre.

 Nous attendons de M. Konan qu’il demeure simplement un intellectuel. C’est à dire un homme qui se bat froidement sans haine ni rancœur, par ses idées, pour le triomphe de certaines valeurs comme la vérité, la dignité, la liberté. Mais le sentiment qu’il nous donne est qu’il est en transe parce que des Ivoiriens se sont dressés derrière leur président pour défendre leur liberté. Ce qui est aux antipodes de la mission assignée à l’Intellectuel. « Dès l’instant où l’intellectuel cesse d’être l’apôtre des valeurs humaines, morales et spirituelles les plus sacrées de la société, il devient un renégat » écrit Raoul ETONGUE Mayer, ( in Afin que l’Afrique aille mieux , NEI, 2001). Et la liberté est la plus sacrée des valeurs humaines.

N’DRI ETTY  M. 07 00 16 89


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